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Mardi 25 juillet 2006

Dans un article de l'Asian Times, un journaliste faisait remarquer que le Hezbollah asseyait sa popularité avec une méthode déjà employée par Hitler. Le Hezbollah, pour renforcer ses positions dans le sud du Liban, donnait du travail au Libanais, qui consistait à construire ses infrastructures. Hitler donnait aussi du travail aux Allemands en leur faisant construire des infrastructures, mais également des armes. Pour le peuple allemand, fortement touché par la crise de 1929 du fait de ses liens économiques étroits avec les Etats-Unis avant la crise, ce retour à l'emploi et à de meilleures conditions de vie était une raison suffisante pour faire confiance à Hitler. La politique du Hezbollah, soutenu par l'iran et la Syrie, a eu des effets similaires, mais de moindre ampleur sûrement puisque le Liban est bien plus petit que l'Allemagne des années 30.

En ce qui concerne directement l'Iran, la comparaison est encore plus troublante.

Le parti sous les couleurs duquel Hitler est arrivé au pouvoir était le NSDAP, c'est-à-dire le Nazional-Sozialistiche Deutscher Arbeiter Partei, le Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands. A lui seul, le nom résume très bien les grandes ambitions du parti en matière de politique intérieure :

1     - donner du travail à tous (Travailleurs, Socialiste)

2     - rendre les Allemands fiers de leur pays (National)

3 La doctrine d'Hitler impute la responsabilité de toutes les erreurs qui ont conduit à la crise aux Juifs, un peuple qui depuis longtemps sert de bouc émissaire, plus précisément depuis la naissance du Christianisme.

4 Hitler, en violation des traités signés après la Première Guerre mondiale, a réarmé l'Allemagne.

5 Il a caché des crimes atroces pendant des années (les premiers camps de concentration datent du début des années 30).

6 Il a essayé d'acquérir la bombe nucléaire, en utilisant des infrastructures dans les pays scandinaves.

7 Hitler a aussi développé une intense propagande avec l'aide de son ministre Goebbels.

8 Hitler s'est appuyé sur des milices pour s'assurer un pouvoir durable.

Verdict : 7 de ces points trouvent un équivalent dans la politique actuelle de l'Iran.

 1 et 2 Ahmadinejad s'est appuyé sur une politique sociale et nationaliste pour séduire l'électorat. Les politiques sociales sont un puissant levier dans les pays islamistes car la charité est un des 5 piliers de l'islam. Le Hamas, le Hezbollah, et l'Iran donc, utilisent cette politique pour faire croître leur popularité.  Le programme nucléaire iranien est un moyen de plus pour Ahmadinejad de faire croire à ses concitoyens que l'Iran est un grand pays (il l'est du moins en taille, et un peu moins en population) , capable de grandes prouesses technologiques. Peu importe que la technologie vienne en majorité de la Russie pour lui.

3 Ahmadinejad est un anti-sioniste plus qu'avéré, qui souhaite la destruction d'Israel, nie l'importance de la Shoah, et a même proposé à Israël de recréer un Etat en Allemagne et en Autriche !

4 et 6 Un pays qui souhaite posséder l'arme nucléaire est un pays qui veut augmenter sa puissance militaire, ce qui me semble suffisant pour invoquer une similitude avec le point n°4. Quant au point 6, il est indiscutable.

7 Le principaux sujets de propagande du régime iranien sont l'islamisme (à ce qu'il paraît, Ahmadinejad est modéré sur certains points, alors on se demande comment ce serait si c'était le pire des extrémistes), et le sentiment anti-américain avec tous ses dérivés, à savoir l'anti-libéralisme et l'anti-démocratie. Le régime iranien a d'ailleurs un gros avantage sur le régime nazi : les télévisions sont partout dans le monde, et les images sont bien plus fortes que les discours radiophoniques.

8 Ahmadinejad a peut-être été élu grâce à des fraudes et à des menaces émanant de milices à sa solde.

 

Ahmadinejad a envoyé à Bush une lettre http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3668, dans laquelle il fustige la politique de Bush et pointe du doigt toutes les incohérences entre la politique du président américain et les principes qu'il est censé suivre pour respecter la démocratie et surtout ses croyances en Dieu. M. Ahmadinejad affirme également que le libéralisme et la démocratie ont failli. C'est une opinion qui me paraît bien excessive. Les deux idéologies tiennent la route, mais elles sont affaiblies par des comportements humains. A ce propos M. Ahmadinejad fait une autre déclaration "en l'air". Il dit que devant l'échec de ces deux systèmes, les gens se tournent à juste titre vers le Tout-Puissant. Allez demander aux Chinois (1,3 milliards de personnes) ce qu'ils pensent du Tout-Puissant. Puis, allez poser la même question aux Indiens (1 milliard de personnes). Vous ne serez pas déçus du résultat. Il existe bien sûr des communautés chrétiennes et musulmanes (la communauté musulmane est d'importance en Inde), mais je ne serais pas surpris si plus de 1,8 milliards de ces individus (sur 2,3 milliards) n'avaient rien à faire du Tout-Puissant.

 

Enfin, il me semble que le problème central, dans tous les conflits, soit la misère. Dans une situation économique difficile, les peuples sont très enclins à croire à la plus petite étincelle d'espoir, et à la plus faible des flatteries. En ces moments-là, les idéologies humanistes sont d'un bien pauvre secours. Les gens préfèrent sauver leurs meubles au détriment de la vie des autres plutôt que la justice, et ce, n'importe où dans le monde.

Par Sarastro - Publié dans : reveurpro
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Mardi 25 juillet 2006
En ce moment, la convergence est de rigueur. Les téléphones portables doivent permettre de prendre des photos, les agendas électroniques faisant office de téléphone-organisateur-appareil photo se répandent, et il est possible de regarder la télé sur son ordinateur ou sur son téléphone portable, ainsi que de téléphoner par internet. A quand le téléphone portable-ordinateur-caméra-télé ?
Ceci pour la convergence au niveau du matériel. Mais j'ai l'impression que la convergence va bientôt s'appliquer dans des proportions similaires au domaine du virtuel. Fini, les applications à un seul usage. Fini le multi-multi-multi-fenêtre, avec, ouverts en simultané, MSN Messenger, le navigateur Internet en triple exemplaire, le répertoire où sont planquées les photos, le lecteur de musique, le logiciel de téléchargement, le logiciel anti-pubs, et le traitement de texte. Après le 2 en 1 et le 3 en 1, voici que s'ouvre l'ère du tout en un. A ce titre, on peut se demander combien de temps la démarcation entre blog et site Web va encore durer. L'un comme l'autre affichent à l'écran textes, photos, vidéos avec différentes mises en page, permettent d'établir des liens avec d'autres pages Web, et sont constitués de pages repérées par une
adresse URL (le fameux http://bidule.machin.html typiquement, mais il y a pas mal de variantes).
Aujourd'hui encore, le site Web est plus pratique pour quelqu'un qui souhaite produire quelque chose de personnel quant à la forme, puisqu'il n'aura pas à choisir parmi quelques modèles déterminés pour
sa mise en page, mais ça exige quelques connaissances supplémentaires.
Le site Web a tout de même un léger passif : premièrement, il est passé de mode (devinez ce qui est plus à la mode maintenant ; un indice : c'est un mot de quatre lettres). Deuxièmement, le site Web est davantage associé à un thème bien précis. Vous avez des sites sur tout et n'importe quoi, mais souvent, un site Web ne porte que sur un seul sujet. En revanche, du côté des blogs, la situation est moins claire : certes, il peut être utile de classer votre blog dans une catégorie, mais rien ne vous empêche d'aborder des thèmes qui en sortent. En fait, le blog représente davantage une personnalité (avec un sujet qui revient plus fréquemment que les autres parce que c'est votre préféré), et le site Web un côté bien particulier d'une personnalité (par exemple, votre passion pour Walt Disney).
Et les conséquences de cette superposition des blogs et des sites Web ? Ben, on progresserait vers une personnalisation des services accrue. Au lieu de recevoir des pubs stupides proposant tout à $1.99, vous auriez uniquement des pubs sur des films Walt Disney à $1.99. C'est ce qu'on appelle le progrès.
Plus sérieusement, on peut intégrer au problème le développement d'Internet. A terme (disons dans 15  ou 20 ans), il se pourrait que nous n'aillions plus en ville faire les courses ou passer un entretien d'embauche. Tout ça se ferait par internet (mais pas encore le transport de marchandise !). Et le blog/site Web (les deux correspondraient donc à la même chose) serait bien plus important qu'aujourd'hui. Il accompagnerait votre pseudonyme partout sur Internet, ce qui permettrait à tout un chacun de savoir à qui il a affaire, sauf si vous avez décidé de mener une double vie à la James Bond, ou bien si vous n'avez tout simplement pas envie de livrer tel ou tel détail de votre personnalité. La discrimination pourrait s'en trouver réduite, car personne ne vous obligerait à donner votre photo, votre vrai nom, ou le nombre de fois où vous avez été marié(e).
Ce genre de futur pourrait toutefois nous réserver de sévères déconvenues, comme des problèmes de poids et de vue, ou encore des difficultés à apprendre aux enfants que tout ne s'acquiert pas comme sur Internet, par un simple clic.
Par Sarastro - Publié dans : reveurpro
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Lundi 24 juillet 2006

Dernièrement, M. Sarkozy a reconnu chercher les votes des électeurs d'extrême droite. Soi-disant, parce que ce sont des citoyens français. Mais méritent-ils cette nationalité ?


Depuis des siècles, des philosophes et des politiciens français ont tenté de rassembler
leurs compatriotes sous des principes humanistes, qui incluent la tolérance. Or le slogan du FN, "La France aux Français" est non seulement anti-républicain, mais également irréaliste. Les immigrés ont déjà fait beaucoup pour la France, et ils peuvent encore faire beaucoup pour elle, à condition d'être justement récompensés de leurs efforts, comme tous les Français, avec un salaire permettant de vivre dignement et le respect dû à tout être humain.

L'argumentaire du FN, selon lequel les immigrés prendraient le travail des Français, ne peut entraîner l'adhésion que chez des gens qui n'ont que faire de l'intérêt général, et préfèrent rejeter leurs fautes sur d'autres. Les immigrés, autant que les Français, ont droit à une vie décente. De deux choses l'une : ou bien un immigré a obtenu la nationalité française. Dans ce cas, chercher à le renvoyer d'où il vient est complètement absurde. Ou bien il est de nationalité étrangère uniquement, et il est probable, s'il a trouvé du travail, que ce soit du travail au noir. Dans ce cas, c'est certainement l'employeur qui est le plus à blâmer. Parce que souvent, il profite de la situation pour payer bien moins des travailleurs au noir. Et les immigrés travaillant au noir le font pour survivre, et ne touchent pas d'allocations.


Les immigrés représentent un potentiel très important, mais pour en tirer parti en même temps qu'eux, il faut parvenir à les intégrer. Et la première étape pour y parvenir est de leur donner davantage confiance en la société française. Dans le cas contraire, ils préfèreront rester entre eux, ce qui les prive déjà d'une ouverture qui leur permettrait sans doute de mieux s'intégrer. Donner confiance passe par une lutte active contre la discrimination, et par un enseignement équivalent à celui dispensé dans les établissements
publics mieux situés. Certains ont peut-être lu les livres de M. Brighelli, qui présente une critique de l'école d'aujourd'hui. Dans un passage, il évoque une situation édifiante, celle d'élèves auxquels le professeur n'a pas donné tel ou tel enseignement parce qu'il se disait que ce n'était pas pour eux, que c'était trop subtil et trop raffiné ! M. Brighelli, venant à la suite de ce professeur, s'est efforcé de rattraper la grossière indélicatesse de son prédécesseur. Et il a découvert que ces élèves, qu'on avait considérés auparavant comme indigne de telle ou telle leçon, étaient très intéressés par ces mêmes leçons, qu'on avait toujours refusé de leur donner.


Les derniers gouvernements ont fait des efforts concernant la lutte contre les discriminations et pour l'amélioration des conditions d'enseignement. Je tiens cependant à signaler un point de détail. Certaines associations ont entrepris de procéder à des test de discrimination, qui consistent à envoyer une personne de couleur ou immigrée à un entretien d'embauche, puis une autre personne, de couleur blanche celle-là, et possédant la même qualification professionnelle. Lorsque la dicrimination est avérée, le coupable prétexte souvent qu'il craint la réaction de sa clientèle. Ce genre de craintes n'est peut-être pas infondée, mais alors, les personnes racistes qui prétendent que les immigrés par exemple sont des bons à rien incapables de travailler sont celles qui empêchent justement ces mêmes immigrés de trouver du travail ! Ces personnes sont donc juges et parties, et l'argument selon lequel les immigrés seraient incapables de trouver honnêtement un emploi perd toute valeur dans leur bouche.

 

J'écrivais plus haut que beaucoup d'électeurs du FN rejettent les fautes sur des innocents. Je pense en effet que la plus grande partie des difficultés économiques que rencontre la France vient d'un conservatisme acharné et d'une absence de remise en cause de ce conservatisme. Il n'y a plus de choix à faire entre le socialisme et le capitalisme depuis 30 ans, et la démonstration en a été faite il y a 17 ans, lors de la chute du Mur de Berlin. Qu'on souhaite intégrer des éléments qui relèvent de l'Etat-Providence ne me semble pas aberrant. Mais je crois qu'il faut garder à l'esprit qu'à mettre trop de social, nous risquons de perdre à long terme sur tous les tableaux.


Les Français veulent voir des solutions immédiates à leurs problèmes : chômage et baisse du pouvoir d'achat en particulier. Des solutions, plus ou moins bonnes, leur ont été proposées. Mais ils les ont toutes rejetées, dans la rue pour la plupart. A cet égard, on aura remarqué que le Français ne se gêne pas pour montrer qu'il n'a que faire de l'intérêt des autres, et encore moins de l'intérêt général. Lorsqu'il fait la grève, il se moque des embarras qu'il va provoquer. Ce comportement me paraît égoïste, irresponsable et individualiste. Au fait, l'individualisme, n'est-ce pas l'un des défauts reprochés au capitalisme ? Mais le Français n'est pas à une contradiction près. Après moi, le Déluge ! C'est la devise qu'il a substituée au Liberté, Egalité, Fraternité qui ne sert apparemment à rien pour lui. Et ce n'est pas le pire ! Il y a même des gens, qui, tout en défendant leur mode de vie au détriment de celui des autres, prétextent que c'est dans l'intérêt général ! Si mes souvenirs sont bons, on les trouve plutôt à gauche. En particulier, j'ai le souvenir d'une dame à la télévision, en pleine manifestation contre une réforme de la Sécu, qui disait en substance : "Il faut protéger le système actuel pour éviter que nos enfants n'aient une vie plus difficile". J'avais envie de lui rétorquer : "Mais à cause de toi, on va avoir une vie plus difficile, banane !". Car tout ce que la dame refusera de payer, ce sont ses enfants qui le payeront. En fait, la dame défend sa petite vie, et pour elle, le enfants ont bon dos.


J'ai étendu la portée de mon article, mais ça fait du bien de rappeler aux citoyens français
qu'ils ne se comportent pas souvent en citoyens.

 

Pour revenir au FN, et au titre de mon article, je veux donner mon opinion sur le programme tout entier du FN. Il est SUICIDAIRE pour la France. Premier point : la France perdrait les trois quarts (ou plus) de son prestige. Avoir des racistes et des fascistes au pouvoir, c'est convaincre le monde entier que la majorité
des Français sont racistes et fascistes. Deuxième point, le plus important : la France ne s'en remettrait pas économiquement. Parce que les immigrés aident la France à alimenter en argent la Sécu, parce que la librecirculation des marchandises dans l'Europe est devenue indispensable à l'économie française.
Troisème point : la France, puissance nucléaire, étant dirigée par des fascistes, on peut s'attendre à l'entrée en guerre de la France dans des expéditions désastreuses (n'oublions pas que Le Pen est un ancien parachutiste). En conséquence de ces trois points, beaucoup d'entreprises, françaises et étrangères quitteraient la France.

 

Le FN ne défendra pas la France, il la coulera. D'où le titre.

Par Sarastro - Publié dans : reveurpro
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Lundi 24 juillet 2006

L'expression est habituelle, entendue si souvent qu'elle passe inaperçue. Pourtant, elle fait
partie intégrante de la stratégie publicitaire des chaînes. Et celles-ci entretiennent
l'ambiguïté que fait peser l'emploi au figuré de la fameuse locution. Car personne n'a
jamais vu une seule page de publicité à la télévision. Rappelons-le, la télévision diffuse
des séquences vidéos. Voilà pourquoi, lorsque vous enregistrez une émission, le magnétoscope
exige une cassette vidéo et non une rame de papier. Mais là n'est pas le plus gênant. C'est
plutôt le "une", et l'adjectif "petite" le cas échéant. Il s'agit bien sûr de minimiser
l'importance du déferlement abrutissant qui va s'ensuivre et de préparer le spectateur à cet
assaut de son esprit embrumé. Vous avez déjà vu une "page de pub" ne comportant qu'une seule
petite publicité inoffensive, vous? D'ailleurs, le présentateur ne précise jamais combien de temps la "page" va perdurer.


Néanmoins, tout ça n'est rien à côté du vrai problème : les publicités elles-mêmes.
Rien que le principe de la publicité me semble immoral. C'est l'apologie du mensonge par
omission, de l'information partiale. Quelle ironie lorsque le présentateur du Journal télévisé
annonce la "page" de pub à venir. Car son travail est justement d'apporter une information
impartiale aux téléspectateurs. Autant dire que son travail ne peut qu'être rendu plus
difficile quand l'utilité d'une telle information se trouve niée. Et le présentateur d'y
contribuer chaque jour !
La publicité n'a qu'un but, vous faire acheter ce qu'elle présente, et il n'y a que deux
possibilités pour ce faire : ou bien (coup de bol) vous cherchez justement un article du
genre présenté dans la publicité, et rien que le fait de la passer à l'écran suffit. Ou bien,
et c'est le cas le plus fréquent, vous n'avez que faire a priori de l'objet de la pub. Dans ce
cas, le publicitaire n'a plus qu'à utiliser les vieilles
méthodes de manipulation : présentation subjective (c'est le b.a.-ba du métier), séduction,
et matraquage. Ce n'est pas pour rien que publicité commence avec un p comme propagande. Car
la publicité, c'est de la propagande commerciale.
Il faut tout de même admettre que la publicité a un intérêt économique. D'une, elle permet
aux chaînes de télévision de vous proposer des programmes toute la journée. La qualité n'est
pas souvent une composante desdits programmes, mais à quoi bon offrir de la qualité quand
les consommateurs s'en moquent ? De deux, elle entretient évidemment la consommation des
produits présentés dans les publicités (encore appelées sur France Inter la réclame). Seul
petit problème, nous n'avons pas souvent besoin des produits exposés sur les chaînes de
télévision. Mais nous les achetons. Le jour où nous comprendrons que nous n'en avons pas
la nécessité, les ventes de ces produits, dont le besoin est créé et entretenu uniquement
par la publicité, vont s'effondrer. En résumé, la publicité est un facteur d'instabilité
économique parce qu'elle se fonde sur le mensonge.
Néanmoins, je voudrais nuancer cet article, qui me paraît charger justement les publicitaires
et les industriels, mais pas les consommateurs. Soyons francs. Les industriels font surtout
les volontés des consommateurs. Si les consommateurs préfèrent acheter des produits de faible
qualité peu cher plutôt que des produits plus cher et de meilleure qualité, les industriels
conçoivent des produits pas cher et de faible qualité. Et lorsque le consommateur exige des
prix bas, les industriels ou les distributeurs s'arrangent pour que les prix soient à la
mesure des attentes des consommateurs. En reportant l'effort sur les fournisseurs.
Il faut bien sûr protéger les consommateurs des abus des entreprises industrielles et de
distribution (et ils sont nombreux à en juger par le nombre de plaintes et de condamnations).
Mais le consommateur doit aussi prendre ses responsabilités. Cela signifie : s'informer, ne
pas exiger n'importe quoi (parce que la majorité de ce qu'on prend pour habiller Pierre à été
emprunté à Paul), et se remettre en cause.
Pour finir, je vous propose une lueur d'espoir. La publicité étant de plus en plus
envahissante, que ce soit à la télévision ou sur Internet, il se pourrait que bientôt, on nous
offre de payer pour ne plus avoir de publicité. En clair, ou bien vous payeriez le tarif normal,
et vous auriez toujours la même chose, c'est-à-dire des émissions entrecoupées de "pages" de
pub, ou bien vous payeriez un supplément, et vous n'auriez plus aucune pub. Génial. Mais il
existe déjà quelque chose de mieux : une chaîne qui n'exige aucun supplément, qui ne propose
aucun programme de qualité médiocre, et ne vous inflige pas de pub. C'est Arte.

 

Par Sarastro - Publié dans : reveurpro
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Jeudi 20 juillet 2006

Vous avez certainement entendu parler du coup de tête de Zidane dans la poitrine de Marco Materazzi (infortuné défenseur !) à la fin de la finale de la Coupe du Monde de cette année. Cette information a accaparé les journaux du monde entier pendant trois jours.

Peut-être avez-vous appris que Zidane avait marqué un but dans cette fameuse finale.

Et vous avez éventuellement découvert que l’Italie avait remporté la Coupe du Monde. C’était certainement l’information à retenir de cette finale. Certains journaux l’ont compris. D’affreux journaux nationalistes. Les journaux italiens.

L’Italie est championne du Monde, et pour quatre ans encore. D’ici là, Domenech pourra s’inspirer de la célèbre fable de Perrette et dire : « Adieu, Zidane, Thuram, Makelele ! ».

Il est temps de revenir sur la performance de l’équipe d’Italie. Comment a-t-elle réussi à se hisser au sommet du monde du football ? Réponse : avec un jeu efficace, d’excellents défenseurs, de très bons milieux de terrain, et de bons attaquants, entre autres qualités. Les Italiens ont su résister à la pression, déjouant les pronostics issus de critiques négatives. Ils ont joué intelligemment sur les faiblesses de leurs adversaires et sur leur propre capacité à bien défendre. Ils ont terminé meilleure attaque, et meilleure défense de la Coupe (un but encaissé sur penalty, et un but contre son camp !). Ils ont battu un des favoris, l’Allemagne, certes à la limite, mais avec deux buts superbes, deux lucarnes si je ne m’abuse. Et puis, ils ont profité de certaines faiblesses de l’arbitrage. Des Italiens n’ont pas été sanctionnés pour leur comportement violent. Ils ont fait du cinéma pour faire exclure des joueurs. Ils ont aussi forcé le « destin », en obtenant un penalty contestable à quelques minutes de la fin face à l’Australie en match de qualification.  La France n’était pas en reste dans ce domaine. Henry et Malouda ont parfois plongé eux aussi, même si c’est Cristiano Ronaldo qui s’est montré le plus prolifique dans cet aspect du « jeu ». La France a ainsi obtenu quelques penalties et coups francs décisifs. Elle n’en a pas obtenu d’autres, plus justifiés, c’est vrai. Mais les autres équipes sont aussi dans ce cas.

Et la France , comment est-elle parvenue en finale, à part en utilisant des « tactiques » peu scrupuleuses ? Elle a su accélérer quand il fallait, notamment contre le Togo, et retourner des situations mal engagées, contre le Brésil, l’Espagne et l’Italie. Elle a été excellente physiquement, jouant jusque dans les dernières minutes l’attaque. Elle a été très performante à la récupération. Elle a su très bien défendre.

Mais qu’est ce qui a manqué à la France  ? Premièrement, un jeu rapide. Il faut savoir prendre des risques dans un contre, essayer de passer les défenseurs. L’équipe de France l’a rarement fait, attendant que les joueurs adverses se replient.

Il a également manqué à la France des passes de précision, notamment dans les premiers matches et dans la finale, surtout dans les 30 derniers mètres.

Je pense qu’un système avec deux attaquants n’aurait pas été du luxe. Si au début d’un contre, vous n’avez pas assez de joueurs jouant assez haut, alors vous risquez de ne même pas avoir d’avantage numérique lors du contre !

Enfin, il a surtout manqué des joueurs avec une excellente technique de frappe. L’Allemagne avait Frings et Schweinsteiger notamment, mais je crois aussi que Klose et Lahm ne sont pas mauvais à ce jeu-là. Le Brésil avait Kaka, Roberto Carlos et Ronaldinho pour ne citer que les joueurs les plus en vue. L’Italie et l’Argentine, elles aussi, ont marqué de ces buts qui servent à remplir les séquences d’anthologie lorsque les reprises de volée pleine lucarne (comme celle de Maxi Rodriguez face au Mexique) ou les retournés acrobatiques cadrés viennent à manquer.

Alors, que reprochons-nous à l’Italie ? D’une part, et c’est implicite, de nous avoir piqué la précieuse statuette dorée (ou plus exactement sa copie, parce que depuis qu’elle a été volée, dans les années 80, la FIFA a décidé de prendre des précautions). D’autre part, et c’est très clair, de ne pas avoir fait le jeu. La France a évidemment manqué d’efficacité devant le but. Parvenir en finale sans avoir marqué un seul but dans le cours d’une action, en quarts et en demis, ce n’est vraiment pas glorieux. Mais ce que personne ne nous volera, c’est la qualité de notre jeu face au Brésil et à l’Espagne en particulier, ainsi qu’en finale, après la première mi-temps. Zidane a souvent perdu le ballon, mais il a très souvent ridiculisé ses adversaires. Henry, Malouda et Ribéry ont accompli chacun des performances individuelles qu’on ne retrouvait pas toujours chez leurs homologues. Lors d’un match, Henry a pris de vitesse 5 ou 6 joueurs adverses. Ca m’a fait penser à Maradonna. Mais Maradonna, lui, ne prenait pas seulement les joueurs de vitesse. Il les passait purement et simplement.

Reparlons maintenant de cette finale. Je ne suis pas sûr que le penalty soit justifié. Mais je ne suis pas sûr non plus que les Italiens auraient joué si bien s’ils n’avaient pas pris un but. Quel but ! On aurait dû parler davantage de la victoire de l’Italie. On aurait également dû parler davantage de ce but. Le jour où quelqu’un obtiendra à nouveau un penalty en finale de Coupe du Monde, à quoi pensera-t-il ? Et le tireur, que choisira-t-il de faire ? Et le gardien, quel avis aura-t-il sur ce que pense le tireur ? Car le tireur se dira éventuellement : « Zidane avait mis une Panenka en transversale rentrante. J’ai l’occasion de faire de même, d’accomplir la même chose que l’un des plus grands joueurs de tous les temps. Et si je ne le fais pas, les journalistes rappelleront que Zidane, lui, avait osé. ». Et ainsi de suite. Une Panenka en finale de Coupe du Monde, pour son dernier match. La balle rentre. Oui, mais après une transversale. Espérons que c’est cela qu’on retiendra de Zidane.

J’ai lu des commentaires d’internautes étrangers, sur des sites étrangers (www.bbc.co.uk et le site du Times surtout). Certains disaient : « Quand Totti a craché sur Poulsen (en 2000, pendant le match Italie-Danemark), tous les Italiens ont dénoncé le geste de Totti. Mais quand c’est Zidane qui envoie au tapis un joueur italien, tous les Français sont derrière lui pour le justifier ». Personnellement, j’ai été choqué d’apprendre que plus de 60% des Français excusaient le geste de Zidane. Néanmoins, il reste à savoir ce que veulent dire les Français par « excuser » : veulent-ils dire que ce n’est pas grave, et que si la situation se présente à nouveau, eh bien, mettre un coup de tête est une option envisageable ? Ou bien veulent-ils dire, s’adressant presque à Zidane, qu’il ne faut surtout pas le descendre en flèche sous prétexte qu’il a mal agi, en faisant passer au second plan ses exploits ?

Alors, que les Français justifient le geste de Zidane me semble gênant parce que c’est probablement par nationalisme. Or le nationalisme rend subjectif et arrogant. Mais je pense que le geste de Zidane était aussi compréhensible que celui de Totti, sachant que Totti avait lui aussi été provoqué.

Je relève également une incohérence entre les critiques des étrangers et ce qu’ils dénoncent, à savoir une partialité qui trouve son origine dans le nationalisme (presqu’aveugle par nature). Car si le nationalisme (ou le patriotisme si vous préférez) guide le soutien des Français, pourquoi ne serait-ce pas le nationalisme qui guiderait les critiques des étrangers ?

 

 

 

La dispute entre Zidane et Materazzi concerne la difficulté que nous avons à nous contrôler. J’ai lu à ce propos un article d’un journaliste qui disait : « Zidane, en attaquant Materazzi, a laissé tomber son pays et son équipe ». Cette remarque me paraît d’une profonde stupidité. Car le journaliste veut dire que Zidane aurait dû se raisonner au lieu de frapper. Mais la colère fait oublier la raison ! Quelqu’un rappelait justement le sentiment qui nous saisit lorsque la colère monte irrésistiblement en nous : le « blanc total ». A ce moment-là, le reste du monde n’a plus d’importance. La raison n’a plus d’emprise sur nos actions. Et seule devient prioritaire cette envie de venger l’injustice que nous ressentons, celle d’une attaque que nous considérons comme infondée.

 

 

 

Monsieur Chirac a fait l’éloge de Zidane, sans dire que son geste n’était pas excusable. M. Chirac aurait dû se taire. Depuis le début de la Coupe du Monde, il s’est mêlé de football alors qu’il ne maîtrisait pas le sujet. Il disait que la France gagnerait en finale face au Brésil. Mais comment la France aurait-elle pu rencontrer le Brésil en finale, puisqu’elle était dans la même moitié de tableau que le Brésil ? Il me semble évident que les balivernes de M. Chirac n’avaient de but que politique. De même pour ce qui est des louanges post-finale. Je pense que de toute façon, M. Chirac avait préparé son discours sur son admiration pour Zidane dès la victoire contre le Portugal. M. Chirac essaie apparemment de flatter les Français en louant sans retenue Zidane. Et cela non plus, ce n’est pas excusable.

 

Enfin, pour conclure, j’adresserai une dernière pique à M. Domenech. Ce n’est pas parce que l’équipe de France est passé d’un niveau moyen en matches de poules à un très bon niveau en matches éliminatoires qu’il avait tout compris. Je pense que son système à un attaquant montrait des faiblesses dès le match contre le Brésil, des faiblesses encore mieux mises en lumière face au Portugal, avec un but sur un penalty douteux. M. Domenech n’est pas un mauvais entraîneur, mais ce n’est pas non plus un excellent entraîneur. Je dois tout de même reconnaître qu’il a su garder sa confiance en Vieira, assurant la stabilité de l’équipe, ce qu’a également permis le maintien du système à un attaquant. En résumé, j’aurais préféré que Domenech fasse jouer la France avec deux attaquants depuis le début de la compétition.

Mais ce qui est inadmissible pour un entraîneur, c’est de se mettre en colère comme un enfant gâté à chaque fois que l’arbitre siffle contre sa propre équipe.

 

 

 

Par Sarastro - Publié dans : reveurpro
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