J'ai découvert dans le journal "20 minutes", il y a 2 mois de cela, un jeu sur Internet qui consiste à spéculer sur la fréquence d'apparition de mots donnés dans l'actualité. Ce jeu s'appelle "Trendio", et il est accessible à l'adresse http://www.trendio.fr pour la version francophone, et http://www.trendio.en pour la version anglophone. Chaque joueur dispose au départ de 10 000 dollars en argent fictif. En "parrainant", ou pour parler crûment, en rabattant des joueurs supplémentaires, on peut gagner 1 000 dollars par "filleul", le nombre de filleuls étant limité à 10.
Avec l'argent, on peut acheter des actions des différents mots proposés (il y en a près de 200, mais bientôt il y en aura bien plus que cela), comme "Franck Ribéry", "Hezbollah" ou "Libéralisme". Si la fréquence d'apparition de ces mots augmente, leur valeur augmente, et on peut dégager des bénéfices en revendant les actions de ces mots.
A l'inverse, si ces mots apparaissent moins souvent dans l'actualité, on s'expose à des pertes. Il faut tout de même faire attention, parce que les actualités présentées sur les sites parcourus par le moteur de recherche du jeu ne sont pas forcément les mêmes qu'au 20h ou à la radio. Par exemple, certains sites parleront des attaques du Hezbollah et dans une autre rubrique du "Web 2.0", ce qui n'est pas le cas dans un journal national sous forme papier.
On trouve des mots à acheter de 0,99$ à 4 000$ ("France", sacrés chauvins !). Certains mots suivent une évolution cyclique. C'est le cas pour les rencontres sportives par exemple. Il est ainsi facile de prévoir quand ils vont monter, et quand ils vont redescendre. D'autres montent ou descendent de façon plus chaotique, et ils sont parmi les plus intéressants. Par exemple, ceux qui avaient parié sur "Thierry Ardisson" avant son départ de France Télévisions, en achetant des actions à 0,99$ n'ont pas été déçus de leur investissement.
Les joueurs disposent de différents instruments pour faciliter leur tâche. Premièrement, sur la page dévolue à chaque mot se trouve sa date d'introduction, son plus haut et son plus bas avec les dates correspondantes, ainsi que des graphiques particulièrement intéressants : ils donnent l'évolution du cours du mot sur les dernières 24 heures, sur la dernière semaine ou sur le dernier mois. En-dessous des graphiques sont affichés des liens pointant vers les cinq derniers articles où le mot a été repéré par le moteur de recherche du jeu. Deuxièmement, les joueurs peuvent consulter le forum, où un certain nombre de rubriques traitent des stratégies à employer, des méthodes des meilleurs ou des améliorations qui pourraient être apportées au jeu.
Si vous voulez jouer sur la version anglophone, faites attention : il arrive souvent que des crashes se produisent. A ce moment-là, 95% des mots sont dans les négatifs. On peut ainsi perdre beaucoup d'argent. Ou en gagner énormément. Les joueurs prudents guettent les chutes brutales, et rachètent les actions au plus bas, avant de les regarder tranquillement remonter vers leur cours normal.
En cumulant mes avoirs sur les deux versions, j'arrive à un total de près de 4 000 000$. Mais le numéro 1 possède rien que sur la version francophone plus de 23 000 000$. Des cadeaux parfois conséquents sont à gagner pour le numéro 1 et pour celui qui réalise le meilleur taux d'augmentation sur un mois ou sur une semaine.
A noter : une deuxième version est en préparation.
Depuis quelques années, j'ai acheté une vingtaine d'enregistrements d'opéras. Le plus vieux ("Orfeo ed Euridice") a été composé en 1762, et le plus récent ("Der Rosenkavalier"), dans le premier quart du XXème siècle. Bien sûr, comme à chaque fois qu'on achète des enregistrements musicaux, on peut tomber sur un disque qui ne nous plaît pas. Ca m'est arrivé de temps en temps. Mais l'amateur d'opéras a d'un certain point de vue un avantage sur les fans de styles de musique plus récents. Les opéras jouées et enregistrés à ce jour sont ceux qui ont survécu à des dizaines d'années, voire des siècles de critiques. Par conséquent, les opéras proposés à la vente sont parmi les meilleurs. Le hic, c'est qu'en 400 ans, l'opéra a subi une sérieuse mutation. La différence entre les opéras du XVIIIème siècle et du XIXème siècle est déjà patente. Imaginez la différence entre les opéras du XVIIème et ceux du XXème (si, si, je vous assure qu'on compose encore des opéras) ! D'un certain côté, elle est plus faible qu'entre les opéras d'un de ces siècles et ceux du début du XIXème siècle, car les opéras du XVIIème et du XXème privilégient le texte, alors que ceux du début du XIXème privilégient la mélodie et la technique du chanteur. Si vous n'imaginez pas la différence, écoutez successivement West Side Story et du rap, et vous vous en ferez une bonne idée.
Voici donc mon opérathèque, avec quelques détail sur les oeuvres, leur compositeur et les interprètes.
bar.=baryton
sop.=soprano
m.-sop.=mezzo-soprano
Les colonnes donnent dans l'ordre : Titre, Compositeur, Rôles avec leur tessiture éventuellement et le nom des interprètes de la principale version que je possède, mes passages préférés et en particulier mes airs préférés, et mes impressions et commentaires avec un lien vers le livret de l'opéra.
Opérathèque
Orfeo ed Euridice (Orphée et Eurydice, 1762)
C. W. Gluck
Orfeo (alto), Euridice (sop.), Amour (sop.)
Ouverture
"Che faro senza Euridice ?" (Orfeo)
Ballet final.
Gluck a de quoi écrire des mélodies plaisantes, mais durant la plus grande partie de l'opéra, celle qui raconte les malheurs d'Orphée, on a tendance à s'ennuyer ferme, avec des tempi lents, et rien d'extraordinaire côté mélodie.
Mitridate, re di Ponto (Mithridate, roi de Pont, 1770)
W. A. Mozart
Mitridate (ténor, G. Sabbatini), Aspasia (sop., N. Dessay), Sifare (m.-sop., C. Bartoli), Farnace (alto, B. Asawa), Ismene (sop., S. Piau), Arbate (sop., H. Le Corre), Marzio (ténor, J. D. Florez)
Ouverture
"Al destin che la minaccia" (Aspasia)
"L'odio nel cor frenate" (Arbate)
"Soffre il mio cor con pace" (Sifare)
"Venga pur, minacci e frema" (Farnace)
"Nel gran cimento" (Sifare)
"Se di lauri" (Mitridate)
"Quel ribelle e quell'ingrato" (Mitridate)
"Tu che fedel mi sei" (Mitridate)
"Già di pietà mi spoglio" (Mitridate)
"Se di regnar sei vago" (Marzio)
"Se te dispiace" (Ismene)
Le premier vrai opéra (seria) de Mozart, écrit à l'âge de 14 ans (!). Tout simplement impressionnant. L'air d'entrée d'Aspasie, avec des vocalises à couper le souffle, est l'une des meilleures entrées en matière que je connaisse, avec "Libiamo ne' lieti calici" de Traviata. Les deux premiers actes sont excellents, le troisième beaucoup moins, mais reste correct. Tous les personnages ont des airs qui les mettent en valeur. L'un des castrats qui a chanté durant la première a même déclaré qu'il était prêt à se faire castrer une deuxième fois si l'opéra n'était pas un succès ! Le nombre d'airs à retenir est équivalent à celui qu'on trouve dans les plus grands succès de Verdi. Mais Verdi les a composés à 40 ans, pas à 14 ans !
Quant à la distribution (Dessay, Bartoli, Sabbatini, Florez), elle fait rêver.
Die Entführung aus dem Serail (L'enlèvement au sérail, 1782)
W. A. Mozart
Konstanze (W. Lipp, sop.), Belmonte (W. Ludwig, ténor), Pedrillo (P. Klein), Blöndchen (E. Loose, sop.), Osmin (E. Koréh, basse), Pacha Selim (H. Woester, parlé)
Ouverture
"O wie ängstlich" (Belmonte)
"Solche hergelauf'ne Laffen" (Osmin)
"Martern aller Arten" (Konstanze)
"Welche Wonne, welche Lust" (Blöndchen)
"O, wie will ich triumphieren" (Osmin)
Une turquerie, pièce à la mode au XVIIIème siècle. A cette époque, l'empire ottoman était très puissant, et le sultan parviendra même aux portes de Vienne avec son armée.
On s'ennuie de temps en temps, mais la partie d'Osmin (basse bouffe) vaut le détour, ainsi que l'air de Konstanze "Martern aller Arten" (8-9 minutes), des plus exigeants, et l'air de Blöndchen "Welche Wonne, welche Lust" qui impose un contre-mi.
Figaro (J. van Dam, basse), Susanna (I. Cotrubas, sop.), Comte d'Almaviva (T. Krause, bar.), Comtesse d'Almaviva (A. Tomowa-Sintow, sop.), Cherubino (F. von Stade), Basilio (H. Zednik), Bartolo (J. Bastin), Marcellina (J. Berbié), Barberina (C. Barbaux), Don Curzio (K. Equiluz), Antonio (Z. Kélémén), 2 jeunes filles (C. Barbaux, M. Lambriks)
Ouverture
"Se a caso Madama" (Figaro, Susanna)
"Se vuol ballare" (Figaro)
"Non più andrai" (Figaro)
"Non so più cosa son" (Cherubino)
"Voi che sapete" (Cherubino)
"Dove sono" (Contessa)
"Vedro, mentr'io sospiro" (Conte)
L'un des plus grands succès de Mozart, tiré de la pièce de Beaumarchais. L'opéra est intéressant de bout en bout, et certains de ses airs ont acquis une célébrité internationale, au point de servir de fond sonore dans les pubs pour les pâtes italiennes ("Voi che sapete", "Non più andrai"). Même l'ouverture est l'une des pièces les plus connues du compositeur autrichien.
Guglielmo (R. Panerai), Ferrando (L. Simoneau), Fiordiligi (sop., E. Schwartzkopf), Dorabella (m.-sop., N. Merriman), Don Alfonso (basse, S. Bruscantini), Despina (L. Otto)
Ouverture
"E la fede delle femmine" (Don Alonso)
"Come scoglio" (Fiordiligi)
"Per pietà, ben mio" (Dorabella)
C'est l'un des opéras que j'ai mis le plus de temps à apprécier. Il ne contient pas d'air à la mélodie extraordinaire. En revanche, "Come scoglio" est un monument de difficulté, avec de grands sauts (passage d'une note basse à une note haute et inversement) et une très belle vocalise finale.
Je pense que si j'ai fini par l'apprécier, c'est parce qu'il offre une incroyable constance dans le ton. On pourrait mettre tous les airs bout à bout, on ne serait pas choqué (sauf pour le sens).
Don Giovanni (D. Fischer-Dieskau, bar.), Donna Elvira (M. Stader, sop.), Leporello (K. C. Kohn, basse), Donna Anna (S. Jurinac, sop.), Zerlina (I. Seefried, sop.), Masetto (I. Sardi), Don Ottavio (E. Haefliger, ténor), Commendatore (W. Kreppel, basse)
Ouverture
"Notte e giorno faticar" (Leporello)
"Ah, fuggi, crudele" (Donna Anna)
"Ah che mi dice mai" (Donna Elvira)
"Madamina, il catalogo è questo" (Leporello)
"Giovinnette che fate all 'amore" (choeur, Zerlina, Masetto)
"Ho capito, signor si" (Masetto)
"La ci darem la mano" (Don Giovanni, Zerlina)
"Ah fuggi il traditor" (Donna Elvira)
"Non ti fidar, o misera" (Donna Elvira)
"Or sai chi l'onore" (Donna Anna)
"Il mio tesoro intanto" (Don Ottavio)
"Dalla sua pace" (Don Ottavio)
"Fin ch'han dal vino" (Don Giovanni)
"Mi tradi quell'alma ingrata" (Donna Elvira)
"Ah pietà signori miei" (Leporello)
"Non mi dir" (Donna Anna)
"Riposate, vezzose ragazze" (tous)
"Trema, trema o scellerato" (tous)
"Ah dov'il perfido" (tous sauf Don Giovanni)
Pluie de hits sur Vienne ! L'opéra est prenant tout du long, et les récitatifs s'enchaînent aux airs souvent imperceptiblement. Don Giovanni est l'un des meilleurs opéras jamais composés.
A noter : Don Ottavio a deux airs de suite parce que le ténor censé reprendre la pièce à Vienne (cet opéra a été créé, i.e. joué pour la première fois, à Prague) avait peur des vocalises de l'air d'origine ("Il mio tesoro intanto"). Mozart en a donc composé un plus tranquille pour lui ("Dalla sua pace") - les deux sont dans des styles très différents, mais ils figurent tous deux dans ma liste des meilleurs airs ! Du coup, certains enregistrements proposent les deux airs, ce qui ne peut pas faire de mal quand ils sont composés par Mozart.
Sena Jurinac est ma Donna Anna préférée, de quatre versions écoutées (dont une dirigée par N. Harnoncourt et une autre par J. Krips).
Tito (ténor, W. Krenn), Vitellia (sop., M. Casula), Sesto (T. Berganza), Servilia (sop., L. Popp), Annio (B. Fassbaender), Publio (T. Franc).
Ouverture
"Del più sublime soglio" (Tito)
"Se all'impero" (Tito)
"Deh se piacer mi vuoi" (Vitellia)
"Come ti piace, imponi" (Sesto)
"Non più di fiori" (Vitellia)
Le dernier opera seria (oeuvre sérieuse) de Mozart. L'opera seria impose des sujets classiques, souvent mythologiques, les airs sont nettement séparés des récitatifs, et les airs sont de forme "da capo" (du chef, i.e. du début), c'est-à-dire avec reprise du thème de début.
Je préfère Mitridate, mais le ton partculier de "La clemenza di Tito" me plaît. Je m'y ennuie souvent, mais certains airs (ceux que j'ai cités) valent le détour.
Tamino (N. Gedda, ténor), Pamina (G. Janowitz, sop.), Königin der Nacht (L. Popp, sop.), Sarastro (G. Frick, basse), Papageno (W. Berry, bar.), Papagena (E. Schwartzkopf, sop.), Monostatos (G. Unger), Sprecher (F. Crass, basse), Trois garçons (sop.), Trois Dames (Hoffgen, Putz, Ludwig, sop.)
Ouverture
"Der Vogelfânger bin ich ja" (Papageno)
"Dies Bildnis ist bezaubernd schön" (Tamino)
"O zitt're nicht" (Königin der Nacht)
"Bei Männern welche Liebe" (Papageno, Pamina)
"O Isis und Osiris" (Sarastro)
"Alles fühlt der Liebe Freuden" (Monostatos)
"Der Hölle Rache" (Königin der Nacht)
"in diesen heil'gen Hallen" (Sarastro)
"Ein Mädchen oder Weibchen" (Papageno)
"Pa-pa-pa-pa" (Papageno, Papagena)
Le dernier et le plus célèbre des opéras de Mozart. Dans la colonne "meilleurs passages" sont présents tous les airs, sauf un : "Ach, ich fühl's", l'air de Pamina, qui est considéré comme l'un des plus grands airs de cet opéra, mais qui m'endort. Tout le reste y est. Deux des trois premiers airs que je cite sont parmi les plus célèbres de l'opéra. "Der Vogelfânger bin ich ja" est le récit fait par le naïf Papageno de ses espoirs. Il rêve de posséder un filet pour attraper les filles comme il le fait avec les oiseaux. "O zitt're nicht" est l'un des deux airs de la reine de la Nuit. Il commence par la plainte de la Reine dont la fille a été enlevée, et il finit sur l'espoir de la Reine de retrouver sa fille par une vocalise très difficile culminant sur les trois dernières notes par une montée vers le contre-fa.
Et ce n'est rien par rapport au deuxième air, le plus connu. "Der Hölle Rache" signifie "Une colère infernale". L'air se passe essentiellement dans les aigus et les suraigus, avec un stock de contre-ut, contre-mi et contre-fa. Il comporte deux parties de vocalises suraiguës entrecoupées de passages fortissimo dans les aigus, et finit par une note grave.
Je possède quatre versions de cet air. Les quatre interprètes sont Lucia Popp, Edda Moser, Natalie Dessay et une soprano russe dont le nom n'est pas cité. Cette dernière est clairement trop juste pour le rôle. Moser est considérée comme l'une des meilleures Reines de la Nuit parce que son interprétation rend très bien le côté sauvage et terrifiant du personnage. Popp, elle, a un gros avantage dans les notes suraiguës, qui sont chez elle superbes. Quant à Dessay, sa technique irréprochable et ses contre-notes puissantes sont hallucinantes.
Donna Fiorilla (sop., M. Callas), Selim (basse, N. Rossi-Lemeni), Don Narciso (ténor, N. Gedda), Zaida (J. Gardino), Albazar (P. de Palma), Don Geronio (F. Calabrese), Poète (M. Stabile)
Ouverture
Nostra patria (choeur, Zaida, Albazar)
Ho da fare un dramma buffo (Poète, choeur)
Non si da follia maggiore (Fiorilla)
Per piacere alla Signora (Don Geronio, Fiorilla)
No, mia vita, mio tesoro (Don Geronio, Fiorilla)
Un de mes derniers achats, ce qui explique le nombre peu élevé de passages intéressants que j'ai remarqués. Ceux que j'ai relevés ici sont très redevables de leur présence ici à Maria Callas, qui impressionne toujours autant dans les parties de colorature que par son sens du théâtre. Elle moque très bien son vieux mari.
Les trois premiers rôles ont été distribués à du beau monde. Callas, Rossi-Lemeni, et Gedda, ça c'est du plateau !
J'ai acheté cette version 10 euros. L'opéra est court, et la qualité de l'enregistrement n'est pas très bonne, mais à ce prix-là, l'achat reste une bonne affaire.
Il Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville, 1816)
G. Rossini
Rosina (sop., M. Callas), Comte d'Almaviva (ténor, L. Alva), Figaro (bar., T. Gobbi), Bartolo (basse, F. Ollendorff), Basilio (N. Zaccaria), Berta (G. Carturan), Fiorello (ténor, M. Carlin)
Ouverture
Mille grazie, mio signore (Choeur, Almaviva, Fiorello)
Largo al factotum (Figaro)
All'idea di quel metallo (Figaro, Almaviva)
Una voce poco fa (Rosina)
La calunnia è un venticelo (Basilio)
Dunque io son (Figaro, Rosina)
A un dottore della mia sorte (Bartolo)
Ehi di casa, buona gente (Almaviva, Bartolo, Rosina)
Che cosa accadde (Figaro, Almaviva, Bartolo, Rosina)
Mi par d'esser con la testa (Figaro, Berta, Bartolo, Almaviva, Rosina)
Contro un cor che accende (Rosina)
Il vecchiotto cerca moglie (Berta)
Di si felice innesto (Figaro, Almaviva, Rosina)
"Il Turco in Italia" et "Il Barbiere di Siviglia" sont les deux opéras comiques que Callas a abordés dans sa carrière. Si les représentations à la Scala ne furent pas un succès pour Callas dans "Il Barbiere", l'enregistrement, lui, est très bon. Comme dans "Il Turco", Callas ridiculise le vieux Bartolo qui s'est mis en tête de l'épouser rien qu'avec le ton. Les deux airs de Rosina comportent des parties très techniques, et Callas s'y trouve très à son avantage.
A noter : "Il Barbiere di Siviglia" est une sorte de prologue aux "Noces de Figaro". Rossini était un admirateur de Mozart ; il disait d'ailleurs à la fin de sa vie du musicien autrichien : "J'adorais sa musique quand j'étais adolescent, elle me désespérait quand je composais, et elle est la consolation de mes vieux jours".
"Il Barbiere" est un opéra enlevé, plaisant tout du long.
Anatema a Gessler (Tell, Jemmy, choeur, Gessler, Rodolfo)
Corriam, voliam (Arnold, choeur)
L'ouverture est archi-connue, du moins son finale, car retenir plus de 9 minutes de musique, classique qui plus est, n'est pas chose facile.
L'opéra entier, avec tous les ballets, dure 4 heures ! Autant dire qu'il n'est pas souvent joué dans son ensemble.
Comme l'opéra a été créé pour le public français, il comporte des ballets et des rôles masculins très aigus. L'air d'entrée du pêcheur est assez représentatif de ce qu'on exigeait des haute-contre français. Rodolfo hérite aussi d'une partie très aiguë, mais il n' a pas un rôle principal. Par contre, Arnold en est un, et la tessiture exigée monte si haut en permanence que le rôle est surnommé le "tombeau des ténors", ce qui n'est pas étonnant puisqu'il n'a pas été écrit pour un ténor, mais un haute-contre ! A ce qu'il paraît, seule une poignée de ténors dans le monde est capable d'aborder le rôle.
L'air "Da te mio ben" de Matilde comprend des vocalises assez spectaculaires, et Cheryl Studer s'en sort très bien.
Jemmy est le rôle d'un petit garçon, mais de nos jours, il est tenu par des femmes. Amelia Felle possède indubitablement la voix qui convient au rôle, mais son jeu laisse à croire qu'elle n'a qu'une vague idée de ce que peut ressentir un jeune garçon, et pour cause. Et puis, Amelia Felle a un certain embonpoint, ce qui rend le personnage assez ridicule de temps à autre.
Anna Bolena (sop., M. Callas), Enrico VIII (basse, N. Rossi-Lemeni), Giovanna Seymour (m.-sop., G. Simionato), Percy (ténor, G. Raimondi), Smeton (G. Carturan), sir Hervey (L. Rumbo), Lord Rochefort (basse, P. Clabassi)
Ouverture
Anna pure amor m'offria (Enrico VIII)
Ah ! qual sia cercar non oso (Giovanna Seymour)
Ah ! cosi nei di ridenti (Percy)
Ah ! segnata è la mia sorte (Anna Bolena, Giovanna Seymour, Smeton, Percy, Lord Rochefort, choeur)
Salirà d'Inghilterra sul trono (Enrico VIII, Anna Bolena, Percy)
Ah ! pensate che rivolti (Giovanna Seymour)
Coppia iniqua, l'estrema vendetta (Anna Bolena)
Dès sa création avec Giuditta Pasta dans le rôle-titre, Anna Bolena fut un énorme succès, ce qui n'empêcha pas cet opéra, à l'instar de nombre d'opéras de l'ère du bel canto, de se trouver presque oublié au début du XXème siècle. Maria Callas relança dans les années 1950 la mode de ces opéras, tout en continuant d'interpréter des rôles déjà très en vogue (Turandot, Isolde).
Anna Bolena fait partie, avec Maria Stuarda et Roberto Devereux, d'une trilogie d'opéras s'inspirant de la vie de personnages de l'histoire anglaise.
La distribuion, comme souvent lorsqu'il s'agit d'une production de La Scala, est en béton.
Norma (sop., M. Callas), Pollione (ténor, M. Filippeschi), Adalgisa (m.-sop., E. Stignani), Oroveso (basse, N. Rossi-Lemeni), Flavio (ténor, P. Caroli), Clotilde (R. Cavallari)
Ouverture
Dell'aura tua profetica (Oroveso, choeur)
Meco all'altar (Pollione)
Me protegge e me difende (Pollione)
Casta Diva...Fine al rito !...An ! bello a me ritorna (Norma, choeur)
Vieni in Roma (Pollione, Adalgisa)
Ah si, fa' core, abbracciami (Norma, Adalgisa)
No, non tremare o perfido ! (Norma)
Vanne, si, mi lascia indegno (Norma, Adalgisa, Pollione, choeur)
Deh ! con te li prendi (Norma, Adalgisa)
Si, fino all'ore estreme (Norma, Adalgisa)
Guerra ! Guerra ! (choeur)
Norma est l'opéra le plus connu de Bellini, et considéré comme un sommet du romantisme. Norma est une prêtresse gauloise. Pollione, le tribun romain censé être le second rôle, n'atteint jamais l'importance de l'héroïne. Seule Adalgisa, une autre prêtresse, peut prétendre à l'égalité avec Norma par moments.
L'air d'entrée de Norma, "Casta Diva" est célèbre, et la cabalette qui le suit, "Ah ! bello a me ritorna", est exigeante à souhait. "Guerra ! Guerra !", un appel à la guerre contre les Romains, est l'autre passage célèbre du chef-d'oeuvre de Bellini.
Callas a brillé dans deux opéras en particulier, et "Norma" était l'un d'eux, le deuxième étant "La Traviata". En 1965, franco Zeffirelli dira : "En une vie, on peut voir beaucoup de grandes choses à la scène. Mais que peut-on comparer à Callas dans Norma ?".
Et dire que la première de l'opéra fut un bide ! Après celle-ci, Bellini écrivit même : "Fiasco fiaschissimo" !
Maria Stuarda (sop., B. Sills), Elisabetta I (m.-sop., E. Farrell), Leicester (ténor, S. Burrows), LordTalbot (basse, L. Quilico), Lord Cecil (basse, C. du Plessis), Anna (P. Kern)
Ouverture
Qui si attenda (choeur)
Ah ! discenda un raggio (Elisabetta I)
Ah ! rimiro il bel sembiante (Talbot, Leicester)
Sul crin la rivale (Elisabetta I, Leicester)
O nube, che l'aria (Maria Stuarda)
Nella pace del mesto riposo (Maria Stuarda)
Ah ! se il mio cor (Maria Stuarda, Leicester)
Morta al mondo (Maria Stuarda, Elisabetta I)
Va', preparati, furente (Elisabetta I, tous, choeur)
Quella vita a me funesta (Elisabetta I, Cecil)
D'una sorella, o barbara (Leicester, Elisabetta I, Cecil)
Lascia contenta al carcere (Talbot, Maria Stuarda)
Deh ! Tu di un'umile preghiera (Maria Stuarda, choeur)
Les deux premiers actes sont impressionnants. Très peu de répit entre des airs tous pourvus d'une mélodie plaisante. Le troisième acte, plus triste, contient beaucoup moins de passages sortant de l'ordinaire avec tout de même une jolie confrontation au début de l'acte entre Leicester, Elizabeth et Lord Cecil.
L'opéra dans son ensemble retrace de façon romancée l'opposition entre la reine Elizabeth I et l'autre prétendante au trône, Mary Stuart, qui essaya de réunir les trois couronnes (Ecosse, Angleterre, France !) en une seule.
Le tournant se trouve à la fin du deuxième acte, quand Mary Stuart, retenue prisonnière par Elizabeth I, et poussée à bout par celle-ci, traite la Reine de "prostituée obscène" et pour finir de "vile bâtarde" (!). Autant dire que c'est une chose rare à l'opéra, où on se traite davantage de "scélérat", d'"impie" ou d' "indigne" que de "bâtard". En passant, Mary Stuart fait le lien entre l'opéra éponyme et "Anna Bolena" du même compositeur, en commençant sa tirade d'insultes par "Fille impure de Boleyn". D'où on apprend, si on a suivi les deux opéras, qu' Elizabeth est la fille d'Henry VIII et d'Ann Boleyn, répudiée par le précédent sous le prétexte fallacieux d'adultère au profit de Seymour.
Elvira (sop., M. Callas), Arturo (ténor, G. di Stefano), Riccardo (bar., P. Campolonghi), Giorgio (basse, R. Silva), Bruno (basse, T. Lugo), Gualtiero (basse, I. Ruffino), Enrichetta (m.-sop., R. Rimoch)
A festa (choeur)
Ah ! per sempre io ti perdei (Riccardo)
T'appellan le schiere (Bruno, Riccardo)
Sai com'arde in petto mio (Elvira, Giorgio)
Ad Arturo, a Elvira onore (choeur)
A te, o cara (Arturo)
Son vergin vezzosa (Elvira, choeur)
Invan rapir pretendi (Riccardo, Arturo)
Cinta di fiori (Giorgio)
Vien, diletto, è in ciel (Elvira)
Suoni la tromba (Giorgio, Riccardo)
Vieni fra queste braccia (Arturo, Elvira)
Credeasi, misera (Arturo)
Suon d'araldi (tous, choeur)
Bellini a composé 10 opéras, et "I Puritani" est le dixième. Bellini est mort en 1835, à 35 ans (il était né en 1801), faisant de lui un des prodiges de l'opéra morts jeunes (Mozart à 35 ans, Bizet à 37 ans).
"Son vergin vezzosa " est un air célèbre de l'opéra, avec de jolies vocalises et une orchestration conséquente. "Vieni fra queste braccia" est aussi un duo connu.
La tessiture exigée pour le rôle d'Arturo est assez élevée.
L'opéra en entier dure 4 heures je crois, mais l'enregistrement en direct dont je dispose ne dure que 2h25.
Callas est excellente dans le rôle, mais le manque de pureté dans son timbre a tendance à transformer certaines parties du "Vieni fra queste braccia" en orgie vocale.
Lucia di Lammermoor (sop., M. Callas), Edgardo di Ravenswood (ténor, G. di Stefano), Enrico (bar., T. Gobbi), Raimondo (basse, R. Arié), Alisa (m.-sop., A. M. Canali), Arturo (ténor, V. Natali), Normanno (basse, G. Sarri)
Percorrete le spiagge vicine (Normanno, choeur)
Cruda, funesta smania (Enrico)
La pietade in suo favore (Enrico)
Quando rapito in estasi (Lucia)
Sulla tomba che rinserra (Edgardo)
Il pallor funesto, orrendo (Lucia, Enrico)
Un folle t'accese (Enrico, Lucia)
Se tradirmi tu potrai (Enrico, Lucia)
Per te d'immenso giubilo (choeur)
T'allontana, sciagurato (Tous, choeur)
Esci, fuggi, il furor che m'accende (Tous, choeur)
D'immenso giubilo (choeur)
Spargi d'amaro pianto (Lucia)
Fra poco a me ricovero (Edgardo)
Tu che a Dio (Edgardo)
Considéré comme le chef-d'oeuvre de Gaetano Donizetti, "Lucia di Lammermoor" est tiré du roman "the Bride of Lammermoor" du grand auteur écossais Walter Scott.
"Anna Bolena" et "Lucia di Lammermoor" ont en commun d'avoir chacun une scène de folie. Ce qui est à remarquer, car Donizetti a passé un certain temps en asile d'aliéné à la fin de sa vie, avant de mourir à 51 ans, en 1848.
Donizetti était réputé pour son énorme capacité de travail. Entre 1816 et 1844, il composa plus de 75 opéras ! Une année, Donizetti composa 4 opéras. On dit même que Donizetti composa "L'elisir d'amore" en une semaine. "Lucia di Lammermoor" fut mis en musique en 40 jours.
L'opéra est prenant du début à la fin. Comme chez Verdi, les choeurs insouciants font un contraste saisissant avec l'action telle que le spectateur la considère, avec bien plus d'informations que les courtisans (qui forment les choeurs dans "Lucia di Lammermoor"). Pour eux, le mariage de Lucia avec Arturo est une grande joie ("Per te d'immenso giubilo" et "D'immenso giubilo"), alors que Lucia ne peut le supporter.
La scène de la folie, peut-être la plus célèbre de l'opéra, culmine avec l'air "Spargi d'amaro pianto". Mais avant d'y arriver, la soprano doit exécuter des vocalises suraiguës et des notes aiguës très puissantes. Une vraie occasion de briller...ou de se planter.
Certaines sopranes obtinrent que la scène finale du cimetière soit supprimée pour éviter que le ténor ne leur fasse de l'ombrage. A elle seule, en effet, cette scène qui dure vingt minutes comporte deux airs qui mettent en valeur le ténor à un moment très important : la fin de l'opéra !
Leonore (sop., I. Nielsen), Don Fernando (basse, W. Glashof), Don Pizarro (bar., A. Titus), Florestan (ténor, G. Winbergh), Rocco (basse, K. Moll), Marzelline (sop., E. Lienbacher), Jaquino (ténor, H. Pecoraro), Premier prisonnier (ténor, P. Palinkas), Deuxième prisonnier (basse, J. Moldvay)
Ouverture
Je ne possède pas l'opéra en entier, seulement les "highlights", c'est-à-dire les passages les plus célèbres, et je n'ai rien entendu qui vaille vraiment la peine d'être commenté.
Duc di Mantova (ténor, C. Bergonzi), Rigoletto (bar., D. Fischer-Dieskau), Gilda (sop., R. Scotto), Sparafucile (basse, I. Vinco), Maddalena (m.-sop., F. Cossotto), Giovanna (m.-sop., M. Fiorentini), Comte di Monterone (basse, L. Testi), Marullo (V. Carbonari), Borsa Matteo (P. di Palma), Comte di Ceprano ( A. Giacomotti), Comtesse di Ceprano (C. Alda), Huissier (G. Morresi), Page (C. Alda)
Bella figlia dell'amore (Duc, Maddalena, Rigoletto, Gilda)
"Rigoletto" fait partie, avec "Il Trovatore" et "La Traviata" de la trilogie (encore une !) verdienne.
L'air du Duc de mantoue, "La donna è mobile" est l'un des plus célèbres au monde. Même ceux qui ne connaissent rien à la musique classique l'ont sans doute entendu quelque part, probablement dans une publicité. L'air montre le Duc dans toute sa mysoginie, mais en fait, tous les défauts qu'il prête aux femmes dans l'air sont les siens ! Le Duc est peut-être le deuxième plus grand coureur de jupons de l'opéra après Don Giovanni.
L'histoire s'inspire du roman "le roi s'amuse" de Victor Hugo, dans lequel Hugo décrivait par le menu le tempérament amoureux de François Ier. Mais la censure est passée par là, et Verdi ne put présenter un roi dans le rôle du tombeur et dut se contenter d'un petit duc.
L'opéra peut s'écouter sans aucune pause, à condition d'attendre un peu lors des quelques passages moins bons que les autres.
Leonora (sop., L. Price), Manrico (ténor, P. Domingo), Comte di Luna (bar., S. Milnes), Azucena (m.-sop., F. Cossotto), Ferrando (basse, B. Giaiotti), Inez (E. Bainbridge), Ruiz (R. Davies), Vieux gitan (S. Riley), Messager (N. Taylor)
Di tale amor, che dirsi (Leonora)
Di geloso amor sprezzato (Conte, Leonora, Manrico)
Vedi le fosche notturne (choeur)
Mal reggendo all'aspro assalto (Manrico, Azucena)
Perigliarti ancor languente (Azucena, Manrico)
Per me ora fatale (Conte, Ferrando, choeur)
E degg'io e posso crederlo (Leonora, Manrico, Conte, Inez, Ferrando, Ruiz, choeur)
Squilli, echeggi la tromba (choeur)
Ah si, ben mio (Manrico)
Di quella pira (Manrico, Ruiz, Leonora, choeur)
Tu vedrai che amore in terra (Leonora)
Mira, di acerbe lagrime (leonora, Conte)
Vivrà ! Contende il giubilo (Leonora, Conte)
L'atmosphère du "Trouvère" est bien plus sombre que celle de "Rigoletto" et de "Traviata". En ce sens, l'emploi de Leontyne Price en Leonora était une très bonne idée. Mais cet opéra me paraît très mélancolique, peut-être empreint des propres difficultés que Verdi éprouvait dans sa vie. D'ailleurs, Verdi ne composera qu'un seul opéra comique, "Falstaff". Ce sera le dernier d'une longue série. Verdi, au moins, a eu plus de temps que tous les autres compositeurs d'opéra pour écrire de la musique (il est mort à 88 ans, en 1901).
Cet opéra qui n'est pas aussi connu que "Traviata" comporte tout de même un air célèbre, "Di quella pira", à la fin duquel Manrico appelle ses partisans aux armes. Domingo n'est pas mal en Manrico, mais dans cet air en particulier, je trouve Franco Corelli bien meilleur.
Violetta Valéry (sop., R. Scotto), Alfredo Germont (ténor, A. Kraus), Giorgio Germont (bar., R. Bruson), Flora Bervoix (m.-sop., S. Walker), Annina (m.-sop., C. Buchan), Baron Douphol (bar., H. Newman), Marquis d'Obigny (basse, R. van Allan), Docteur Grenvil (R. Kennedy), Gastone de Letorières (S. Mariategui), Giuseppe (M.-R. Cosotti), Commissionaire (C. Keyte)
E strano ! Ah, fors'è lui...Follie !...Sempre libera (Violetta)
De' miei bollenti spiriti (Alfredo)
Oh, mio rimorso (Alfredo)
Pura siccome un angelo (Giorgio)
Un di, quando le veneri (Giorgio)
Di Provenza il mar, il suol (Giorgio)
Ogni suo aver tal femmina (Alfredo, choeur)
Largo al quadrupede (choeur)
Che t'accadde...Parigi, o cara (Annina, Violetta, Alfredo)
Morir si giovine (Violetta)
Une fois l'ouverture (ou plutôt l'introduction) passée, puis l'arrivée des invités chez Violetta, on entre dans le vif du sujet, et pas qu'un peu. "Libiamo ne' lieti calici" est peut-être le duo le plus célèbre de l'opéra, avec "La ci darem la mano" dans Don Giovanni.
Difficile pour moi de relever tous les passages que j'ai jugés dignes d'intérêt, parce que Verdi est à cheval sur deux époques : une, celle du bel canto, où les airs servent à mettre en valeur le chanteur, et une autre où la musique, qu'elle soit jouée par l'orchestre ou chantée, est l'expression directe des sentiments des personnages. Par conséquent, la frontière entre l'air et ce qui fut le récitatif devient floue, et les idées musicales se répartissent presque à parts égales entre les airs et les morceaux qui les entrecoupent.
"Addio del passato", l'air très connu des amateurs d'opéra, n'y est pas non plus, parce qu'en dehors de l'envolée "Dio, sorrisi alla traviata", je ne vois pas grand-chose de vraiment original dans cet air.
J'ai une autre version de "Traviata" avec Maria Callas, et évidemment, ça n'a rien à voir. C'est la version avec Callas que je préfère, mais c'est celle que j'ai présentée ici que je connais le mieux, et qui dispose de la meilleure qualité d'enregistrement.
Faust (ténor, R. Leech), Marguerite (sop., C. Studer), Méphistophélès (basse, J. van Dam), Valentin (bar., T. Hampson), Siebel (M. Mahé), Dame Marthe (N. Denize), Wagner (M. Barrard)
Ouverture
Salut, ô mon dernier matin (Faust)
Aux champs l'aurore nous appelle (choeur)
A moi les plaisirs (Faust)
Vin ou bière (choeur)
Avant de quitter ces lieux (Valentin)
Le veau d'or (Méphisto...)
Ainsi que la brise légère (choeur)
Faites-lui mes aveux (Siebel)
Salut, demeure chaste et pure (Faust)
O Dieux, que de bijoux !...Ah, je ris de me voir si belle (Marguerite)
Déposons les armes...Gloire immortelle de nos aïeux (choeur)
Jusqu'aux premiers feux (Méphisto..., choeur)
Doux nectar, dans ton ivresse (Faust)
Cet opéra français contient deux passages très connus : le choeur des soldats ("Gloire immortelle") et l'air des bijoux ("Ah je ris"), que Hergé a popularisé en en faisant la spécialité de Bianca Castafiore ("Chastefleur" en français, peut-être une allusion à l'air "Casta Diva" dans Norma), dont le prototype était Renata Tebaldi, la concurrente de Maria Callas à La Scala de Milan.
L'opéra comporte une jolie brochette d'airs dignes de considération, mais je trouve l'orchestration de Gounod souvent "sèche" et froide (je ne sais pas si je me fais comprendre, mais bon, je n'ai pas trouvé mieux ; si je savais quels sont les instruments qui rendent la musique plus "fraîche", je le dirais). Et la langue française ne me semble pas des plus appropriées pour l'opéra.
Carmen (contralto, A. Gheorghiu), Don José (ténor, R. Alagna), Micaëla (sop., I. Mula), Escamillo (bar., T. Hampson), Frasquita (E. Vidal), Mercédès (I. Cals), Moralès (L. Tézier), Zuniga (N. Cavallier), Le Dancaïre (N. Rivenq), Le Remendado (Y. Beuron)
Prélude
Avec la garde montante (choeur)
L'amour est un oiseau rebelle (Carmen)
Ma mère, je la vois (Don José, Micaëla)
Tralalalalala, coupe-moi (Carmen)
Près des remparts de Séville (Carmen, Don José)
Les tringles des sistres tintaient (Carmen, Mercédès, Frasquita)
Votre toast, je peux vous le rendre (Escamillo)
Nous avons en tête une affaire (Frasquita, Le Dancaïre, Mercédès, Carmen, Le Remendado)
Halte là ! qui va là ? (Don José)
La fleur que tu m'avais jetée (Don José)
Ah ! le mot n'est pas galant (Carmen)
Quant au douanier (Carmen, Mercédès, Frasquita, choeur)
Je dis que rien ne m'épouvante (Micaëla)
Quelques lignes plus bas (Don José, Escamillo)
A deux cuartos ! (choeur)
Les voici ! voici la quadrille (choeur)
Qui n'a jamais entendu parler de Carmen ?
Cet opéra est le plus joué dans le monde (plus de 1000 représentations à ce jour), en dépit de ses débuts difficiles en raison du caractère provocateur de l'héroïne.
Au rang des passages célèbres, on compte dans "Carmen" l'ouverture dont le thème est repris à la fin dans le choeur "Les voici ! Voici la quadrille", l'air de Carmen "L'amour est un oiseau rebelle", l'air de Don José "La fleur que tu m'avais jetée" et l'air d'Escamillo "Votre toast, je peux vous le rendre". De cet air, Bizet disait qu'il l'avait écrit pour satisfaire le public, et que du point de vue de la qualité musicale, il ne valait pas grand-chose (!). Bizet était un perfectionniste, et il ne trouvait pas son opéra très bon. Trop nul, en effet, si on en croit son énorme succès...
Désolé d'être un peu rabat-joie, mais une partie du succès de l'oeuvre tient certainement du fait qu'il n'exige pas de chanteur à la voix extraordinairement étendue ou incroyablement puissante. Certes, l'air de Micaêla "Je dis que rien ne m'épouvante" n'est pas du gâteau, mais il ne fait pas vraiment peur en regard du "Sempre libera" de "La Traviata". Et il y a aussi Escamillo qui doit avoir de bons graves. Mais il est beaucoup plus facile, je crois, de trouver un bon Escamillo et une Micaëla correcte que de dénicher une Violetta ou une Reine de la Nuit acceptable.
Aïda (sop., M. Caballé), Radamès (P. Domingo), Amneris (m.-sop., F. Cossotto), Ramfis (N. Ghiaurov), Amonasro (P. Cappuccilli), Roi d'Egypte (basse, L. Roni), Messager (N. Martinucci), Prêtresse (E. Casas)
Se quel guerrier io fossi !...Celeste Aïda (Radamès)
Su ! del Nilo, al sacro lido (Roi, Radamès, Ramfis, Aïda, Amnéris, choeur)
Gloria all'Egitto, ad Iside (choeur)...[Marche triomphale]
[Danse sacrée des prêtresses]
Aïda est le premier opéra à m'avoir ennuyé pendant plus de 2 heures et demie. Ma première vraie déception. A part l'air de Radamès, le choeur archi-célèbre "Gloria all'Egitto", deux passages purement instrumentaux (la marche triomphale, aussi connue que l'air qu'elle suit, et la "Danza sacra"), et une scène de foule particulièrement réussie, j'ai dû faire des efforts pour trouver à l'écoute des passages où il y ait quelque chose à entendre.
Du coup, je ne pourrais même pas dire si Montserrat Caballé est une bonne Aïda. Le seul passage retenu dans lequel elle apparaît ("Su ! del Nilo") ne lui donne pas la vedette, entourée qu'elle est de Radamès, du Roi d'Egypte, des prêtres et des soldats du choeur, de Ramfis, et d'Amnéris, cette dernière ayant une partie plus agréable à mon goût ("Di mia man, ricevi o Duce...) qu'Aïda. Et pour couronner le tout, je connais une meilleure version de "Su ! del Nilo", avec Maria Callas dans le rôle d'AIda.
Il faut tout de même reconnaître que cette scène au bord du Nil est un exemple du point de vue musical pour montrer, avec l'orchestration imposante qui se doit, le fanatisme des Egyptiens à la veille de la guerre.
Et puis, l'air de Radamès est un morceau de bravoure. La note finale, un si aigu, est censée être chantée "morendo" (en mourant), suprême cadeau du compositeur pour un air riche en difficultés. Certain ténor a obtenu de Verdi que la note finale devienne un la dièse aigu. Mais le compositeur italien s'est fâché tout rouge quand un autre ténor a voulu interpréter l'air avec pour finir un la dièse pas aigu du tout !
Par ailleurs, j'ai un enregistrement d'Enrico Caruso du même air où le ténor italien surclasse Domingo.
Die Feldmarschallin (E. Schwartzkopf), Baron Ochs auf Lerchenau (O. Edelmann), Octavian (C. Ludwig), Herr von Faninal (E. Wächter), Sophie (T. Stich-Randall), Marianne (L. Welitsch), Valzacchi (P. Kuen), Annina (K. Meyer), Chanteur (N. Gedda), Commissaire de police (F. Bierbach), Majordome de la Maréchale (E. Majkut), Majordome de Faninal (G. Unger)
Néant.
La pire erreur de ma vie, à près de 40 euros. A quoi bon payer pour des chanteurs d'opéras si c'est pour entendre des dialogues presque parlés avec des notes aléatoirement écrites pour support ? Qui plus est, sur un sujet trivial et maltraité, parce que l'histoire d'un Chevalier à la Rose aurait pu faire un bon opéra romantique je suppose. Richard Strauss disait qu'il donnerait trois de ses opéras pour être l'auteur des trois premières mesures du bal dans Don Giovanni. J'aurais préféré qu'il passe sa vie à essayer de les écrire sans jamais rien publier si c'était pour composer une "musique" aussi insipide, qui souffre du même défaut que le rap : une absence grossière de mélodie. Qu'on ne vienne pas s'étonner que la nouvelle génération déserte les salles d'opéra.
Me voilà guéri de l'envie d'acheter des opéras du XXème siècle pour longtemps.
Roberto Devereux
(Roberto Devereux, 1837)
G. Donizetti
Roberto Devereux (G. Raimondi, ténor), Elisabetta I(Montserrat Caballé, sop.), Sarah (m.-sop.), Duc de Nottingham (bar.), Lord Cecil (ténor), Sir Gualtiero Raleigh (basse), Page (contralto), Familier de Nottingham (basse)
E la gioia che gli resta (Sarah)
L'amor suo mi fe beata (Elisabetta I)
Ah, ritorna qual ti spero (Elisabetta I)
Un tenero cor mi rese felice (Elisabetta I)...Indarno la sorte (Devereux)
Un lampo orribile (Elisabetta I)...Nascondo e freno i palpiti (Devereux)
Les journaux, les agences de presse et les entreprises ne sont plus à présent les seuls pourvoyeurs d'information à grande échelle. Des blogs ou des sites comme celui de Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil, ou celui de Myspace aux Etats-Unis http://www.myspace.com/ permettent à leur créateur ou à leurs utilisateurs de faire de leur expérience une source d'information presque inépuisable à partager avec les autres. Ce faisant, les internautes renforcent les liens (au propre quand il s'agit de l'adresse de leur blog, comme au figuré lorsqu'il s'agit de leurs relations personnelles) entre eux, dans une logique de communauté. Ces communautés n'ont pas de chef, ce qui représente un avantage non négligeable. Ceux qui travaillent sont parfois soulagés de trouver un espace sans patron donnant des ordres, et les plus jeunes sont souvent contents de trouver un espace sans parents imposant des règles. Il n'existe donc pas de prise de décision centralisée dans ces communautés, qui constituent peut-être la forme la plus proche de la démocratie parfaite jamais atteinte. Néanmoins, les informations échangées, qui sont à la base des liens reliant les membres de ces communautés, sont bien centralisées. Dans cette perspective, le fonctionnement de l'infrastructure supportant les communautés d'internautes se rapproche de celui que nous connaissons hors d'Internet.
Les gouvernements ont un besoin permanent d'informations pour entretenir leur pouvoir. Dans les démocraties où le pouvoir est contrôlé indirectement par le peuple par le biais de ses représentants, députés ou sénateurs, et où la majorité de l'information est partagée avec les citoyens, le pouvoir entretenu assure la stabilité intérieure du pays. En revanche, sous des régimes non-démocratiques, le contrôle par le peuple est inexistant ou bien amoindri par une information de mauvaise qualité. Malheureusement, les internautes n'ont pas toutes les informations pour savoir si l'usage des sites abritant leur "communauté personnelle" est inoffensif. Il faut bien comprendre que l'information brute représente un potentiel économique époustouflant. La moindre idée, la moindre parole peut se transformer en espèces, pour peu qu'on sache s'en servir.
La loi des différents Etats démocratiques restreint l'utilisation de certaines informations personnelles pour garantir l'intégrité de la vie privée des citoyens. Internet est un "endroit" public, mais ce n'est pas un espace sans danger. En recoupant différentes informations sur Internet, de façon plus ou moins légale, on peut abattre la protection dont les utilisateurs ont l'impression de jouir en masquant leur identité par exemple. Les informations échangées par les membres des communautés virtuelles ont donc une très grande valeur, d'autant plus que des sites comme MySpace encouragent leurs adhérents à dévoiler leur véritable identité. Ces informations peuvent être utilisées par tout un chacun, aussi bien pour profiter de l'expérience des autres que pour s'enrichir sur le dos des autres. Mais le plus grand danger ne vient pas des utilisateurs les moins scrupuleux des sites. Le risque d'une mauvaise utilisation à grande échelle des informations fournies par les utilisateurs vient davantage des sites eux-mêmes. Gérés par des dirigeants responsables, administrés par des informaticiens honnêtes, ces sites permettent à tout un chacun de valoriser son expérience, ses connaissances et ses capacités, aux yeux des autres et à ses propres yeux. Mais gérés par des dirigeants qui négligent l'éthique, et administrés par des informaticiens malhonnêtes, l'information entreposée sur les serveurs informatiques peut servir à discriminer, faire chanter, voler et manipuler les utilisateurs, comme cela a été fait par les régimes totalitaires. Car les serveurs recèlent des informations numériques, par nature modifiables et manipulables, et Internet est un média bien plus puissant pour propager des informations fausses que la radio ou la télévision.
Je penche donc pour une technologie susceptible de permettre à ses utilisateurs de communiquer de façon privée et adaptée à chaque échange d'informations, en sus d'Internet. Il s'agirait pour chacun de faire la part des informations qu'il peut dévoiler sur Internet et de celles dont il doit complètement maîtriser l'accès, en les conservant sur son ordinateur personnel et non un serveur, et en ciblant les personnes ou les groupes de personnes auxquels il veut les transmettre.
elion a écrit un commentaire à l'article "blog et site Web" qui me permet d'aller plus loin.
Voici le texte du commentaire :
"Les enfants apprendront-ils à cliquer avant de parler ? Cliqueront-ils sur un biberon quand ils auront faim ? [1]
Travailler de chez soi et quand on veut pour la plupart des métiers non manuels: J'en rêve ! Ai-je raison ? [2]
Faire ses courses intégralement de chez soi : vivement que ce soit possible ! Ce serait la fin des embouteillages de caddies, des files d'attente en caisse, de la musique de 'BIP' martellée dans nos crânes, sans compter la perte de temps ! [3]
Enseignement de chez soi également ! [4]
Il semble à première vue que l'on se dirige vers l'ère du tout à domicile... Mais alors... Et les contacts humains ? Doit-on prévoir une baisse de la natalité ? Cela laisse supposer toutes les hypothèses les plus folles (aujourd'hui) comme la reproduction in vitro de l'epèce humaine! [5]
Pour finir: Dans 500 ans les hommes naitront dans des éprouvettes, les naissances seront régulées par un ordinateur géant qui gèrera cela en fonction de la mortalité et des perspectives d'emploi (et bien d'autres facteurs encore inconnus). Les hommes seront à moitié organiques et à moitié mécano-électroniques. [6]"
"Les enfants apprendront-ils à cliquer avant de parler ? Cliqueront-ils sur un biberon quand ils auront faim ? [1]"
On peut même envisager que beaucoup de gestes soient remplacés par des clics. D'ailleurs, on clique déjà pour ouvrir sa voiture. Le geste du "clic" est l'un des plus simples et il pourrait avantageusement remplacer d'autres gestes. Néanmoins, pour des objets destinés à une utilisation à court-terme, le "clic" n'aurait de prolongement que mécanique au lieu de mettre en branle un système électronique. Je suppose que de plus en plus d'objets intègreront des systèmes mécatroniques (combinant l'électronique et la mécanique). Mais en ce qui concerne les biberons, je m'attends plutôt à un système tytpiquement mécanique, permettant de pomper ce qu'il contient en cliquant sur une touche, et non à un système électronique ultra-sophistiqué.
"Travailler de chez soi et quand on veut pour la plupart des métiers non manuels: J'en rêve ! Ai-je raison ? [2]"
Sans doute as-tu raison. C'est déjà le cas aux Etats-Unis, où les entreprises proposent à leurs cadres de travailler chez eux. Mais je doute que cette nouveauté soit adoptée aussi facilement en France, parce qu'à la différence des USA, où vie de famille et travail s'entremêlent étroitement, la France est un pays dont les habitants souhaitent se couper du travail en rentrant à la maison. J'ai lu des articles, sur des sites étrangers, de cadres américains travaillant entre 60 et 80 heures par semaine, en grande partie chez eux. Le fait de travailler à la maison procure une plus grande liberté, parce qu'on n'a pas à se déplacer, parce qu'on est familier de son cadre de travail, parce qu'on peut faire une pause à tout moment, mais c'est aussi une contrainte. Le patron ne se privera pas de vous appeler à toute heure de la journée, voire de la soirée, ce qui est des plus déplaisant lorsqu'on est en train de s'occuper de ses enfants ou de prendre une douche. La seule chose qui le préoccupera, c'est que le travail prévu soit fait, comme d'habitude, et il voudra vous suivre à la trace sur votre ordinateur.
Quant aux métiers manuels, ils sont vraisemblablement condamnés sur le long-terme. Mais ce ne sera pas forcément synonyme de perte complète pour ces travailleurs. Dans un monde industriel robotisé, les fermiers, les ouvriers, les artisans ou encore les caissiers pourraient créer des entreprises organisant des visites dans des endroits où on travaille à l'ancienne. Pour peu que la qualité soit au rendez-vous, les produits ainsi fabriqués seraient considérés comme des objets de luxe, ou bien des bibelots rappelant avec nostalgie aux grands-pères que nous serons le bon vieux temps. Il existera peut-être des parcs à thème sur le monde industriel du 20ème siècle !
"Faire ses courses intégralement de chez soi : vivement que ce soit possible ! Ce serait la fin des embouteillages de caddies, des files d'attente en caisse, de la musique de 'BIP' martellée dans nos crânes, sans compter la perte de temps ! [3]"
Je pense que c'est pour bientôt. Les entreprises de grande distribution auraient à y gagner. Elles feraient des économies de construction (plus besoin de payer des achats de terrain dans des zones commerciales) et d'aménagement (inutile de mettre des allées de 4 mètres de large dans un entrepôt, il suffit que les palettes puissent passer).
Mais pour réaliser des économies de personnel, il faudra être très doué. Pas évident en effet de gérer la distribution de marchandises diverses dans des zones géographiques éloignées. Demandez au Père Noël pour voir ! Les camions utilisés dans les zones très résidentielles pourraient être des 38 tonnes, et ce serait la galère pour arranger les différentes commandes de façon qu'il ne faille pas déménager tout le contenu du camion pour avoir accès aux marchandises de M. Tartempion. Les distributeurs seraient obligés d'investir dans des logiciels de localisation (le plus simple serait que les ordinateurs soient vendus avec un boîtier GPS ou Galileo) et dans la recherche d'algorithmes d'optimisation du remplissage des camions et des itinéraires. Il faudrait également gérer la taille des camions selon le nombre de personnes à livrer. On peut donc s'attendre à ce que les gammes de camions se diversifient. Vous auriez des camions petits, moyens, gros, très gros, énormes, gigantesques, etc...
"Enseignement de chez soi également ! [4]
Il semble à première vue que l'on se dirige vers l'ère du tout à domicile... Mais alors... Et les contacts humains ? Doit-on prévoir une baisse de la natalité ? Cela laisse supposer toutes les hypothèses les plus folles (aujourd'hui) comme la reproduction in vitro de l'epèce humaine! [5]"
Je pense que les contacts humains ne sont pas en danger à moyen terme. De nombreuses personnes cherchent aujourd'hui l'"âme soeur" sur Internet. Demain, on y cherchera des amis. Et la rencontre physique sera éventuellement un idéal. Il ne faut pas oublier qu'internet est un instrument extrêmement puissant de mise en relation. Avec ce réseau, on peut aisément vérifier qu'on a les mêmes centres d'intérêt ou la même façon de voir les choses, de surcroît sans être jugé sur son physique ou son style vestimentaire. La relation amicale traditionnelle "physique" serait le prolongement de la relation amicale virtuelle, et cette dernière ne serait plus un aboutissement. Il se pourrait que des gens choisissent de changer de pays, de parcourir des centaines de kilomètres pour vivre plus près d'un ami rencontré sur Internet.
Je crois aussi que les gens ne travailleront pas tout seul ou en couple à domicile. Ils inviteront des amis qui travaillent dans le même secteur qu'eux de préférence, et à chaque fois que plusieurs personnes voudront faire une pause, elles pourront passer dans la pièce à côté pour faire autre chose que travailler. Le travail se fera au rythme de chacun. D'aucuns préfèreront travailler 1 heure, puis faire une pause d'une demi-heure. D'autres se dirigeront vers une organisation plus proche de celle qu'on connaît dans les entreprises actuellement : ils travailleront 4 heures de suite, puis feront une pause, puis remettront l'ouvrage sur le métier pour 5 heures supplémentaires. Mais la pause sera vraisemblablement plus longue...
J'ai regroupé les paragraphes [4] et [5] tout simplement parce que l'école est incontournable de nos jours pour apprendre la vie en société. Mais comme je l'ai expliqué plus haut, cette vie en société devrait beaucoup changer. Cela induira un bouleversement dans le fonctionnement de l'école, et les professeurs devront se remettre en question, revoir leur rôle. Ceci dit, les parents porteront un fardeau bien plus lourd concernant l'éducation de leurs enfants, car l'école n'assumera plus un rôle d'apprentissage à la vie en société et au respect de l'autorité (le professeur). Toutes ces tâches incomberont aux parents. Ils devront apprendre à leurs enfants à chercher la compagnie des autres, et ils devront chercher des personnes dignes d'être considérées comme des modèles dignes d'autorité pour servir de "mentors" à leurs enfants.
L'école continuera d'exister sous sa forme actuelle pour certaines catégories sociales. Ce pourront être aussi bien les plus pauvres, parce qu'ils n'auront pas le temps de remplir les vides laissés par la "nouvelle école", ou bien les plus riches, soucieux de se démarquer des catégories sociales moins favorisées, et de combiner les approches traditionnelle et nouvelle pour donner à leurs enfants plus d'expérience.
Le commun des mortels pourrait tout de même tirer grand parti de la "nouvelle école". car le principe égalitariste de l'école traditionelle en France a tendance à nier les différences. Maintenant, on s'occupe des cancres, qui risquent de plomber les comptes des Assedic s'ils ne trouvent pas de travail, mais il faudra s'occuper un jour des surdoués. Actuellement, la France gâche un énorme potentiel à cause de son système scolaire. A force de laisser des élèves de niveau moyen se moquer des plus forts - un comportement fondé sur la jalousie du succès de leurs aînés - à force de ne pas donner des devoirs plus difficiles aux élèves les plus doués, à force de ne pas différencier les programmes en fonction du niveau, mais plutôt de les normaliser vers le bas, l'école court au désastre. La "nouvelle école", en favorisant davantage la personnalisation des enseignements, permettrait de redonner leur chance aux cancres et aux meilleurs élèves.
Il faut également remarquer que la complexité du monde actuel va inciter de plus en plus les entrepreneurs à se regrouper. La fondation d'une entreprise sera de moins en moins l'affaire d'une seule personne, et plusieurs associés à parts égales s'occuperont des différentes fonctions d'une société naissante. Un à la production, un au marketing, un à la recherche-développement, un au financement par exemple. Le mythe du messie fondant une société avec une seule idée géniale ne s'estompera pas, car la mémoire ultra-courte des représentants de l'espèce humaine laisse rarement la place à plus d'une personne à la fois. Typiquement, c'est celui (ou celle) qui est le plus souriant, le plus extraverti ou le plus beau. Mais en dépit de son travail de représentation de sa société dans les médias, il ne touchera pas 1€ de plus que les autres associés. Cependant, pour fonder une entreprise avec plusieurs personnes, il faut avoir confiance en elles, être prêt à partager et à faire des compromis.
"Pour finir: Dans 500 ans les hommes naitront dans des éprouvettes, les naissances seront régulées par un ordinateur géant qui gèrera cela en fonction de la mortalité et des perspectives d'emploi (et bien d'autres facteurs encore inconnus). Les hommes seront à moitié organiques et à moitié mécano-électroniques. [6]"
Le paragraphe pose le problème de la parentalité : de quel droit les gens font-ils des enfants ? Certains sont notoirement incapables de s'occuper de ceux qu'ils ont déjà. Pourquoi pourraient-ils en avoir d'autres ? C'est courir le risque que les enfants à venir soient également maltraités, traumatisés et incapables de respecter la loi. Alors, avant de faire naître les bébés dans des éprouvettes uniquement, comme dans le "Meilleur des Mondes" d'Aldous Huxley, et donc de dissocier plaisir sexuel et reproduction, on pourrait délivrer aux personnes méritantes un permis de parentalité en fonction de quotas calculés par ordinateur. Mais ça soulève des questions d'ordre éthique.
Un peu avant la fin de l'année scolaire, le Bureau des Etudiants de mon Ecole a organisé avec des partenaires un après-midi à un parcours de golf. Les partenaires en question étaient des entreprises qui voulaient se faire connaître auprès des étudiants de notre Ecole, histoire de trouver facilement des diplômés prêts à se faire embaucher à leur sortie de l'école. Et plus le nombre de ces diplômés est grand, plus grande est la probabilité que quelques-uns des meilleurs se trouvent parmi eux. Le nombre est aussi la garantie pour l'entreprise de pouvoir faire un choix, et donc de pouvoir n'embaucher que de bons collaborateurs. Ceci dit, je passerai sur le côté "affaires" de la sortie au golf.
Comme vous le savez peut-être, le golf se joue avec un club avec lequel il s'agit de mettre dans un trou une balle blanche plus grosse qu'une balle de ping-pong, et plus petite qu'une balle de tennis. Plus exactement, dans une série de 18 trous. On appelle "par" le nombre de coups qu'il est de bon ton de jouer pour parvenir à ses fins, donc pour mettre la balle dans le trou. Voilà en tout cas, et en résumé, ce que je savais des règles du golf avant cet après-midi-là.
Nous étions répartis en groupes, et le mien a commencé par se familiariser avec la phase de jeu n°1, qui consiste à faire un "drive", i.e. à envoyer la balle le plus près possible du trou depuis la zone de départ, sans pour autant la précipiter dans le "hors-limite". Comme il s'agissait dans un premier temps d'apprendre les gestes, et non de mettre la balle dans le trou du premier coup, nous avons tenté de suivre les indications de notre professeur pour produire le meilleur "swing" (c'est le nom du geste) possible. Chacun de nous avait donc, à sa droite ou à sa gauche selon sa latéralité, un panier plein de balles, un club et une sorte de "tee" (support utilisé pour maintenir la balle en place) en caoutchouc. Et nous avons donc envoyé des balles de notre mieux, c'est-à-dire très à côté, voire nulle part quand le club ne rencontrait pas la balle, et passait au-dessus. Quand nous avons réussi à régler à peu près la mire, nous avons joué d'autres sortes de coups : ou bien le club frappait la balle en son sommet, et le balle se mettait à rouler. Ou alors on frappait dans le "tee", en-dessous de la balle donc, et celle-ci n'allait pas loin après avoir décollé. Et soudain, le miracle : chacun a notre tour, nous sommes parvenus à catapulter la balle dans les airs à quelques dizaines de mètres, mais souvent trop à droite, ou trop à gauche.
Au bout d'un petit quart d'heure, nous avions à peu près tous un bilan assez honorable, avec quelques coups presque droits à notre actif, et nous sommes passés à l'étape suivante. Puisque cette étape avait trait aux "affaires", je n'en parlerai pas.
Ensuite, nous nous sommes initiés au "putting". Le mot vient de l'anglais "put", qui signifie "mettre". En l'occurrence, mettre la balle dans le trou. Le putting est la seule des trois phases de jeu du golf qui est également jouée au mini-golf. Dans cette phase, la balle ne quitte pas le sol. On la fait rouler avec un club de forme différente, qui s'appelle "putter". On fait donc rouler la balle vers le trou, en tenant compte de ses mouvements au gré des obstacles qu'elle va rencontrer : pente en montée, en descente, inclinée à droite, ou à gauche. Du moins, on essaie d'anticiper son comportement. Et je peux vous avouer qu'à ce petit jeu, je suis médiocre.
Après une autre étape "affaires", nous en sommes arrivés à la phase de jeu n°2, beaucoup moins connue celle-là, qui consiste à approcher la balle du trou quand elle en est éloignée de quelques dizaines de mètres. Il faut savoir, à cet égard, qu'un "trou", c'est à dire l'ensemble du terrain délimité qui mène de la zone de départ au trou à proprement parler, se compose de plusieurs parties. La première est la zone de départ, qui est très bien entretenue, pour être lisse et bien verte. La deuxième est le fairway. C'est la longue surface d'herbe qui s'étend entre la zone de départ et la zone la plus proche du trou. Cette surface est un peu moins bien entretenue. Il faut dire qu'elle est longue en général de plus de 100 mètres. La troisième partie, qui est la mieux entretenue, mais sûrement pas lisse afin de créer des difficultés, est le green. C'est la zone qui entoure le trou, celle dans laquelle on pratique le plus volontiers le "putting". Sur les bords du fairway et du green se trouve le "rough". Cette longue étendue est la moins bien entretenue. L'herbe peut y être assez haute, et faire tomber sa balle dans le rough est à ce titre pénalisant.
Tout le long du parcours, il peut y avoir de nombreux obstacles ; bosquets, bois, rivière, étang, ou bunkers. Les bunkers sont des fosses tapissées de sable. Si les 4 premiers obstacles que j'ai cités sot en général hors-limite, les bunkers, eux, ne le sont jamais. Il est bien plus difficile de sortir d'un bunker que du rough en raison du sable et des déclivités du bunker, et il est déjà arrivé que de bons joueurs aient besoin de plusieurs coups pour sortir d'un bunker, parce que la balle ne décollait aps suffisamment du sable, ou alors parce qu'elle rebondissait contre les parois (l'angle d'attaque de la balle n'était pas le bon). Enfin, un autre obstacle est toujours présent sur un parcours de golf : c'est le relief. Plus un parcours est vallonné, plus on s'expose à de mauvaises aventures. A dix centimètres près, la balle peut dévaler une pente vers le trou, ou bien s'arrêter avant le sommet et redescendre à l'opposé du trou.
Le coup d'approche est une sorte de drive plus court et plus précis. Comme pour un drive,un coup d'approche fait décoller la balle et l'envoie rouler une fois tombée. les bons golfeurs s'arrangent même pour que la balle ne roule pas trop après avoir atterri.
L'après-midi sur le parcours de golf s'est terminé par un essai sur un vrai trou du parcours. Jusque là, nous nous étions entraîné sur des surfaces reproduisant des endroits donnés d'un parcours. Enfin, nous allions pouvoir mettre à l'épreuve nos connaissances toutes fraîches.
Le trou sur lequel nous avons joué était un par 3.
Chaque joueur faisait un essai, et on prenait le meilleur point d'arrivée comme point de départ du prochain coup pour tout le monde. Dans notre groupe, nous avions un manager d'une des sociétés partenaires, et il se débrouillait évidemment bien mieux que nous. Son drive a facilement atteint les 100 mètres de distance. J'ai été quand même satisfait, car des débutants que nous étions, j'avais fait le meilleur drive avec une bonne marge sur le suivant. Nous sommes donc repartis du point d'arrivée de la balle du manager. Mais sur le coup d'approche, c'est l'un de nous qui a le mieux joué. Sa balle est arrivée à moins de trois mètres du trou, ce qui est une performance non négligeable, car il restait une petite vingtaine de mètres entre le point de départ du coup et le trou. Les autres balles (dont la mienne) sont allées trop loin ou pas assez. Pourtant, j'étais satisfait du mien qui n'était pas trop mal. Notre champion du coup d'approche a ensuite réussi à "putter" sa balle dans le trou directement.