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Samedi 16 septembre 2006

En parcourant les vidéos disponibles sur YouTube (http://www.youtube.com), j'ai trouvé des interprétations d'extraits d'opéras insolites. Films amateurs de représentations ou films d'auditions d'amateurs, voici ceux que j'ai préférés :

Pour commencer, voici l'aria de l'air de la folie de Lucia di Lammermoor par Mado Robin. La note aiguë à la fin doit être un contre-si bémol...

http://www.youtube.com/watch?v=dS5WKJPgI9s

 

 

 

 

La cabalette du mythique air de Tonio, "Ah mes amis !", dans "La fille du régiment" de G. Donizetti, qui a fait décoller la carrière de Pavarotti en 1972, lorsqu'il en a exécuté les 9 contre-uts sans effort apparent. Ici, l'interprète n'est pas le célèbre ténor de Modène, mais un ténor chinois en audition :

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=y4KKOa4nEco

Maria Callas dans "Casta Diva", à l'époque où elle avait déjà maigri.

http://www.youtube.com/watch?v=n_zjcN69i7U&mode=related&search=

Un extrait de documentaire où on peut voir Pavarotti à ses débuts, dans "La Bohême". Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a pris du poids depuis (c'était en 1961). Mais la voix était déjà là.

http://www.youtube.com/watch?v=5mSDCDh8xvU

Une reconstitution de "Vesti la giubba" par Enrico Caruso, d'après les images du film muet "Le cousin italien" et un enregistrement du célèbre ténor napolitain.

http://www.youtube.com/watch?v=t0hX-8KSVOo

Pour finir, un enregistrement très rare, que je n'ai pas trouvé sur YouTube (d'ailleurs je n'étais pas assez bête pour l'y chercher) : "Ave Maria" de Gounod interprété par Alessandro Moreschi...le dernier castrat en activité (à la Chapelle Sixtine en l'occurrence). L'enregistrement, réalisé sur cylindre en cire, date de 1904.

http://www.archive.org/details/AlessandroMoreschi

 

Par Sarastro - Publié dans : reveurpro
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Mercredi 9 août 2006

Classement de mes opéras, par ordre de préférence

1. Maria Stuarda (Donizetti)

2. Don Giovanni (Mozart)

3. Die Zauberflöte (Mozart)

4. Lucia di Lammermoor (Donizetti)

5. I puritani (Bellini)

6. Il Barbiere di Siviglia (Rossini)

7. La Traviata (Verdi)

8. Roberto Devereux (classement provisoire, achat récent)

9. Anna Bolena (Donizetti)

10. Norma (Bellini)

11. Carmen (Bizet)

12. Mitridate (Mozart)

13. Rigoletto (Verdi)

14. Le nozze di Figaro (Mozart)

15. Faust (Gounod)

16. Guglielmo Tell (Rossini)

17. Il Trovatore (Verdi)

18. Il Turco in Italia (Rossini)

19. Die Entführing aus dem Serail (Mozart)

20. La clemenza di Tito (Mozart)

21. Cosi fan tutte (Mozart)

22. Aïda (Verdi)

23. Orfeo ed Euridice (Gluck)

24. Der Rosenkavalier (R. Strauss)

 

 

Par Sarastro - Publié dans : reveurpro
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Mercredi 9 août 2006

J'ai récemment acheté le jeu "Les Sims 2".

Pour commencer le jeu, on a le choix. On peut directement jouer, ou personnaliser la famille que l'on va gérer et son lieu de résidence.

Dans les deux cas, il faudra donner des instructions aux membres de la famille pour qu'ils soient heureux, car lorsqu'ils le sont, ils peuvent progresser dans leur carrière et dans leur vie en général. On peut ainsi théoriquement s'occuper de ses personnages (les "Sims") ad vitam aeternam, pour peu que le fil des générations ne s'interrompe pas.

Si on préfère tout personnaliser, on est tout de même limité. Au début, on a seulement 20 000 "Simflouz", que j'abrégerai désormais en "S", pour tout faire, à savoir créer un quartier, y acheter un terrain, construire la maison sur ce terrain, aménager la maison et la meubler.

Rapidement, moi et mon frère nous sommes aperçus que 20 000 S, ce n'était pas beaucoup. Nous avons donc dû revoir nos prétentions à la baisse en matière de terrain (nous avions acheté le plus grand, au début !), et avons opté pour l'un des plus petits terrains possibles, ce qui nous a coûté 4 800 S. Puis nous avons construit des murs sur environ 40% du terrain (encore 5 000 S partis en fumée). Ensuite nous avons mis quelque chose par terre pour remplacer la pelouse, en l'occurrence du parquet ou du carrelage, et des révêtements muraux (papier peint, carrelage et des boiseries en quelques endroits). Après, il a fallu meubler. Une télé, des lits, une cabine de douche, des toilettes, un canapé devant la télé, des lustres et c'était tout dans un premier temps. Nous achetions chaque élément au prix le plus bas.

Enfin, nous avons pu faire rentrer notre famille dans la superbe baraque que nous lui avions bâtie. Du reste, notre famille était constituée d'un père, d'une adolescente et d'un enfant. En effet, nous avions essayé de nous occuper d'une famille de quatre personnes, un père, une mère et deux enfants, mais nous avions trouvé ça assez dur, parce qu'il fallait être au four et au moulin sans cesse.

Bien vite, nous nous sommes rendu compte qu'il nous manquait quelque chose : une cuisine ! Nos personnages ne pouvaient pas manger. Hélas ! Nous sommes donc repassés à la caisse pour acheter un frigo et une cuisinière.

Les débuts furent difficile, au point que nous en sommes venus à jouer tous les didacticiels, que nous avions négligés jusque là. Après avoir enfin appris les bases nous avons pu mieux nous consacrer à nos personnages. Malheureusement, les didacticiels n'indiquent pas tout. Régulièrement, l'huissier venait saisir du mobilier (des lampes et des tables de chevet) pour factures impayées alors que nous avions de l'argent en caisse. Et puis, les enfants avaient de très mauvais résultats à l'école. Mais notre grande satisfaction était le père de famille, qui ne nous posait presqu'aucun problème.

Il faut savoir qu'au début, lorsqu'on personnalise la famille que l'on veut gérer, on peut choisir entre cinq types d'aspirations pour chacun des personnages. Ces types d'aspirations déterminent les désirs et les craintes que les personnages auront tout au long de la partie. Il faudra ensuite dissiper les craintes et assouvir les désirs spécifiques à chacun. Les types d'aspirations sont : aspiration à l'amour, aspiration à la famille, aspiration à la popularité, aspiration à la connaissance et aspiration à la richesse.

Le père de famille était censé aspirer à la richesse, et nous l'avions doté des capacités adéquates pour qu'il réussisse à s'enrichir. Le fils devait, lui, aspirer à la connaissance, et la fille à la popularité.

Au fur et à mesure, nous avons réparé les dégâts que notre ignorance avait causé aux enfants, et même au père bien qu'il nous satisfît largement. Ainsi, nous avons découvert comment faire faire aux enfants leurs devoirs, puis nous avons remarqué qu'ils ne daignaient les faire que quand ils s'étaient beaucoup distraits. Nous avons appris à payer les factures à force de déduction : notre boîte aux lettres débordait. Or j'avais supputé que les factures arrivaient par le courrier. La supposition était juste, et depuis que nous allons chercher le courrier et payons les factures qui en font partie, l'huissier n'est plus jamais venu. Un jour, les vivres vinrent à manquer. Heureusement, nous avions le téléphone, et nous avions observé qu'une des options s'offrant au personnage qui décrochait le combiné était "commander de la nourriture". Ce problème-là a donc été résolu rapidement.

En ce qui concerne les distractions, sachez que la console de jeu est idéale pour amuser les enfants comme les adultes sans perdre de temps. Mais si la console fut un excellent investissement, ce n'était rien à côté du détecteur à incendie et du système d'alarme. En effet, nos personnages, négligents, allaient souvent faire n'importe quoi pendant la cuisson d'un plat, et laissaient brûler ce plat jusqu'à provoquer un incendie dans la cuisine ! La première fois, nous n'avions pas de système de détection de fumée, et les pompiers sont arrivés assez tard. La cuisinière et le frigo avaient eu tout le temps pour flamber. Heureusement, l'incendie n'a pas dépassé la cuisine, qui était alors seulement délimitée par du carrelage, et non par des murs. La deuxième fois, nous avions déjà fait des frais pour un système de détection, et les pompiers sont arrivés quasi-instantanément. Rassurez-vous, nous n'avions pas peur de voir notre cuisine s'échapper en volutes chatoyantes, fût-ce mille fois, car dans le prodigieux monde des Sims, les appareils cramés se remettent immédiatement à fonctionner lorsque l'incendie a été éteint. Par contre, les personnages s'approchaient du feu, criaient, paniquaient, et perdaient un temps précieux à attendre près des flammes de prendre feu à leur tour au lieu de retourner au lit en attendant les pompiers.

Plus tôt, nous avions investi dans une alarme, parce que mon petit-frère a eu un jour la belle surprise de se faire dépouiller de tout le mobilier sans que les habitants de la maison puissent entreprendre la moindre action pour l'empêcher. Il nous a suffi de reprendre la partie à une sauvegarde précédente et d'acheter une alarme pour éviter ce désagrément. Des cambrioleurs sont certes déjà venus deux autres fois, mais sans rien pouvoir emporter grâce à la prompte intervention des forces de l'ordre, rameutées par notre système d'alarme.

Il fut un temps où nous avions un jardin. Néanmoins, accaparés que nous étions par des tâches plus importantes, nous n'avions pas le temps de nous en occuper. Aussi, les mauvaises herbes envahirent bien vite une surface d'environ 80 Simètres². Pour remédier à ce problème, nous avons employé les grands moyens. Après avoir désherbé, nous avons profité de notre tiroir-caisse virtuel bien rempli pour ceindre notre alors ex-jardin de murs, puis le couvrir de parquet. Vers cette époque nos personnages avaient en effet obtenu quelques promotions et autres avantages et nous avaient ainsi rendu maîtres d'un trésor de 10 000 S. Bientôt, notre maison se trouva agrandie de telle sorte que nous passâmes de 260 Simètres² à 539 Simètres². Plus tard, nous aménagerions une piscine dans une des parties agrandies, et une salle de bain dans l'autre, car c'était la bousculade lorsqu'il n'y en avait qu'une seule.

Le fils avait acquis de bonnes connaissances en mécanique. Un jour donc, il fut envoyé réparer l'ordinateur (il faut noter que les ordinateurs et les baignoires tombent très souvent en panne dans ce jeu) au sortir de la piscine. Je ne sais si c'est parce qu'il sortait de la piscine, ou parce qu'un court-circuit vicieux avait rendu l'ordinateur défectueux, en tout cas le fils s'envola ad patres après une funeste électrocution. Trois fois hélas ! Un revenu en moins (le fils était devenu un adulte, avait trouvé un travail, et gagnait alors un bon salaire). Dès lors, nous nous acharnâmes à trouver un parti intéressant pour la fille, afin

1)de continuer à encaisser trois revenus, car nous projetions de construire des étages supplémentaires

2)d'assurer une descendance à la famille, comme dans "Les Visiteurs".

Nos efforts finirent par être couronnés de succès. Seul bémol à la clé : la fille, son copain et le père travaillaient tous trois dans la politique. Cependant, cette gêne légère nous troubla beaucoup moins lorsque la fille et son copain se marièrent, et que le mari apporta 8 000 S à l'affaire. Depuis, nous avons meublé les parties agrandies de la maison avec un bon lit, un piano (3 500 S), un écran mural (8 000 S), un chevalet (pratique, les tableaux que les personnages peignent peuvent être accrochés une fois terminés aux murs de la maison, ou vendus), le nec plus ultra des canapés, plus d'autres babioles obtenues au titre des récompenses professionnelles.

Pourtant, notre bonheur n'était pas complet. Les personnages n'étaient pas promus assez souvent, faute de contacts. Nous avons donc étoffé le réseau des relations de nos personnages. Il y a peu, nos trois personnages ont tous obtenu une promotion. Et comble du contentement, la fille a encaissé 30 000 S grâce à un plan de campagne machiavélique (je rappelle que les trois personnages sont en politique). Avec cette coquette somme, à peu de choses près la valeur de la première moitié de la maison entièrement meublée, j'ai pu laisser libre cours à mon imagination débordante. J'ai tiré parti d'une petite portion de terrain non encore bâtie pour ériger une construction ultra kitsch qui tient à la fois du temple grec antique et du couloir d'un hôtel *****. Il s'agit de deux étages supportés par des colonnes, auxquels on accède par trois escaliers alignés.

Je n'ai pas lésiné sur les moyens pour couvrir sols et murs, mais je ne sais pas vraiment ce que je vais y mettre !?. A vrai dire, je ne sais pas si ma construction tiendra, car les deux étages doivent peser bien lourd pour des colonnes en bois. Mais après tout, elle bénéficie de fondations, ce qui n'est pas le cas de la maison à proprement parler...Tombera, tombera pas ?

Par Sarastro - Publié dans : reveurpro
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Mardi 8 août 2006

L'idée d'écrire un blog a un côté assez présomptueux. Parce que mettre en ligne ses aventures ou ses réflexions suppose qu'on les juge au minimum intéressantes. Au fond, taper une ligne sur son blog revient à sous-entendre : "Moi aussi j'existe, et ma vie n'est pas plus mauvaise que celle des autres, voire meilleure que celle de certains". Après tout, des vedettes sans cervelle ni talent hantent les journaux, la télé, et même internet.

Difficile de faire accepter un de ses articles par "Le Monde", difficile aussi de se faire "interviewer" par PPDA. Mais la contre-attaque est possible sur Internet, la Toile de la Mort. Quand des quidams publient leur vie sexuelle ou que des incultes gagnent 24 000 € à "Qui veut gagner des millions", il ne faut pas s'étonner que le reste du commun des mortels exige sa part, au risque de couler les journaux, et pourquoi pas à plus long terme la télé. Car les téléphones portables permettent de filmer n'importe quoi, puis de le transférer sur un ordinateur.

Cette révolution aurait un inconvénient majeur : les appréciations et les récits faits seraient imprégnés des convictions de chacun avec une moindre considération de l'objectivité que les journalistes. Mais les luttes d'influence pour le pouvoir via les médias perdraient de l'importance. En clair, les gouvernements ne pourraient plus aussi facilement détourner ou attirer l'attention des téléspectateurs sur tel ou tel sujet par le moyen de pressions sur les groupes de presse.

J'ai jeté un rapide coup d'oeil sur les deux blogs les plus visités un jour. Le premier avait pour auteur un jeune homme dont l'amie était japonaise si j'ai bien compris. Une photo les montrait tous les deux. Pourquoi ce blog en particulier a-t-il séduit autant de monde ? Je ne sais pas vraiment, parce que pour le savoir j'aurais dû éplucher des mois d'archives, ce qui n'était pas mon objectif. Je risquerai quand même un pronostic : parce que ce blog dévoilait avec suffisamment de détails la vie de son auteur. Le bon filon serait donc le blog laissant le champ libre à notre côté voyeuriste. Je pense aussi que la fréquentation du blog a augmenté grâce...à sa place de n°1 dans l'ordre des blogs les plus fréquentés.  Ce qui est la raison pour laquelle j'ai précisément visité le blog en question. Pour résumer, les blogs les plus féquentés consolident leur bonne place grâce à celle-ci.

Sur "over-blog.com", les sites sont classés selon des scores déterminés par un algorithme. Je suppose que les scores dépendent en grande partie de leur fréquentation. Néanmoins, ce qui me semble être le deuxième facteur, à savoir la fréquence de mise à jour du blog, n'est sans doute pas négligeable. Je reviens à mes deux blogs modèles du paragraphe précédent. Apparemment, leur mise à jour était quotidienne. Soit. Encore faut-il avoir quelque chose à dire tous les jours. A ce que j'ai vu, ce n'était pas exactement le cas. M'est avis que le degré d'originalité des articles quotidiens écrits sur ces blogs n'est pas exactement proportionnel à leur fréquentation (et pour cause, un algorithme ne saurait le calculer). Je pense qu'une grande partie de la fréquentation vient de personnes qui veulent suivre la vie de l'auteur en parallèle de la leur, à titre de comparaison peut-être. Je dois admettre que c'est une bonne idée, et certainement une preuve d'ouverture, que de considérer la vie des autres, avec la possibilité de se remettre en cause grâce à l'exemple des récits de ces autres vies.

Cependant ce n'est pas le choix que j'ai fait. Peut-être que je changerai d'avis, ou du moins que je me mettrai à publier quotidiennement, mais pour l'instant je cherche surtout à publier des articles riches et denses en informations et analyses. Ainsi, je peux écrire un jour trois articles si j'ai de l'inspiration, et les quatre jours suivants aucun, en particulier si je n'ai pas de moyen de connexion à Internet...Mes articles n'intéressent pas la Terre entière, mais j'espère que quiconque a tel ou tel centre d'intérêt en commun avec moi trouvera dans les articles correspondants des idées originales.

Et le deuxième blog, qu'en ai-je pensé ?

Pas grand-chose. Il était couvert d'images, ce qui est un excellent point par rapport au mien, mais la poésie qui ornait quelques-unes de ses pages m'a paru bien peu convaincante. De la poésie à 2F50 pour tout dire. A la limite, une adolescente maniérée y trouvera son bonheur, si ce n'est déjà fait. 

Par Sarastro - Publié dans : reveurpro
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Vendredi 4 août 2006

Avoir foi en les affaires

Pendant des siècles, la religion a été un sujet des plus sérieux, et ceux que l'envie prenait de laisser entrevoir la possibilité selon laquelle la religion pourrait ne pas être si sérieuse que l'on croit (tout est question de croyances ici !) s'exposait au bûcher. Mais aujourd'hui, même ses défenseurs les plus acharnés, ceux qui voudraient qu'on en revienne à l'époque bénie du XVème siècle où l'Eglise était toute puissante (normal, Dieu n'est-il pas censé être le Tout-Puissant ?), faisait tuer des gens au mépris d'un des Commandements, s'enrichissait sur le dos des pauvres, affichait son goût de la grandeur terrestre dans des cathédrales plus somptueuses les unes que les autres, et étouffait la science, ces défenseurs-là, extrêmes, radicaux, ont recours aux techniques les plus avancées offertes par notre époque, cherchent à étendre leur influence dans le monde entier, et ne craignent pas d'appeler à la guerre et à l'intolérance. Quelles sont les techniques dont je parle ? La publicité, les groupes de pression et la starisation des évangélistes surtout. Mais pour faire de la publicité, il faut un produit. Je vais donc vous détailler les caractéristiques de la religion qui la rendent si facilement assimilable à un produit comme du café ou un régime minceur.

1 - une marque forte. La religion est très connue, implantée depuis des millénaires dans de vastes zones géographiques. L'idée de religion est encore plus ancienne, ce qui rend les choses plus aisées.
2 - une valorisation du consommateur. Comme par hasard, les adeptes d'une religion monothéistes sont considérés comme le Peuple Choisi. C'est un avantage de plus, parce que ça permet de mettre plus facilement dans la tête des gens que ce qui est écrit dans tel ou tel livre, ou affirmé sans preuve par un évangéliste que tout ce que disent les détracteurs de leur religion sont des imbéciles.
3 - un grand nombre de pauvres. Et oui ! Le gogo qui ne mange pas à sa faim est tout disposé à accepter la plus petite planche de salut qu'on lui tend. Il ne possède pas une éducation suffisante pour remettre en question la majorité des points assénés sans justification.
4 - une politique de fidélisation efficace. Ceux qui choisissent une religion augmentent tout-à-coup le nombre de leurs frères et soeurs de 1 milliard. Ce qui est pratique, parce qu'ils se sentent ainsi membres d'une communauté, respectés. Ils sont "in", à la mode.
5 - des contrats en béton armé. Quitter la communauté religieuse, c'est comme quitter une banque, ou un conjoint. Ca coûte cher, parce que ça réduit vos chances d'aller au Paradis, et réciproquement, ça fait bondir vos chances de griller en Enfer, dixit la marque.
6 - de nombreux points de vente. Depuis le temps qu'elles sont implantées, les religions monothéistes ont eu le temps d'ouvrir des succursales (baptisées "diocèses" parfois) dans des pays éloignés.
7 - un véritable besoin du consommateur. L'homme d'aujord'hui est destiné dès son plus jeune âge à travailler plus ou moins dur pour subsister. Par conséquent, sa formation vise essentiellement à trouver un emploi à la sortie de ses "études". Et néglige un peu de lui donner des idées pour mener une vie qui lui plaise. La religion vient combler cette lacune, avec une méthode éprouvée ("testée scientifiquement" disent les industriels), gratuite et qui a réponse à tout, au prix d'un certain nombre de contradictions. Pas grave, le but c'est de faire du chiffre. Néanmoins, la marque est concurrencée dans ce domaine par les vedettes, qui affirment à tue-tête qu'elles ont "donné un sens à leur vie", c'est-à-dire qu'elles mènent une vie agréable. Or c'est un créneau fondamental pour la marque.
8 - un leader. Le Pape. Il est vieux, il est gentil (juste un peu rétrograde, mais ça n'a pas d'importance), et le rituel de son intronisation est très ancien. On pourrait écrire "since ....". Le fait qu'il soit vieux, et la religion avec, est d'importance. Ca donne une impression de vénérabilité à l'ensemble.
9 - une valeur ajoutée conséquente. Les gens de tout bord sont écoeurés par les injustices qu'ils subissent, ou plutôt qu'ils croient subir. Heureusement, la méthode prévoit qu'ils doivent être récompensés à la fin de leur vie (au début de leur mort si vous préfèrez).
10 - une méthode pratique. Inutile de connaître la loi terrestre, et de chercher une façon de bien élever ses enfants, puisque tout est résumé dans les 10 Commandements.
11 - un bon SAV. Les succursales sont gérées par un personnel attentif aux remarques, plaintes et autres revendications des fidèles de la marque. Dans certains pays, les représentants sont appelés prêtres, dans d'autres, imams, dans d'autres, pasteurs, etc...
12 - une formule "Tout en un". Si les religions monothéistes se sont développées en Occident au détriment des religions polythéistes, c'est sans doute en partie pour la bonne et simple raison qu'il est plus facile d'adorer un seul Dieu que plusieurs. Le fidèle de base, pas très riche, n'a de toute façon pas envie de payer pour faire des offrandes à des centaines de dieux. Et grâce à la Méthode il n'a pas besoin d'une encyclopédie en 25 volumes pour savoir à quel dieu adresser ses prières. C'est toujours le même, pour tout et n'importe quoi. De nos jours, de fortes communautés de bigots américains existent, qui prient Dieu pour qu'il les débarrasse des 2 termites qu'ils ont chez eux, ou que le gouvernement baisse les impôts. On voit également à travers cet exemple que croire en Dieu est pratique, parce que payer une bonne revient à beaucoup plus cher que d'attendre qu'un "miracle" se produise.
13 - chacun voit midi à sa porte. N'importe quel évènement qui sort de l'ordinaire est qualifié de "miracle".

Pourtant, les scientifiques expliquent de plus en plus de "miracles" (comme les 7 plaies d'Egypte). Ainsi, on peut supposer qu'à l'instar de beaucoup d'autres sectes, la communauté chrétienne, par le biais des premiers évangélistes, s'est vulgairement consacrée à la récupération historique, comme l'ont fait bien plus tard d'autres régimes eux aussi soucieux d'étouffer toute remise en cause.
14 - facilité d'utilisation. On se sert de la méthode (résumée dans un vieux bouquin généralement, pompeusement appelé "Bible", "Coran" ou "Torah") comme on veut. On prend ce qui nous intéresse dedans et on n'a plus qu'à se proclamer bon chrétien, et meilleur chrétien que d'autres d'ailleurs en les méprisant. Malheureusement, cette stratégie devrait être revue, parce qu'elle a conduit à l'émergence de dizaines de sectes concurrentes, elles aussi appelées Eglises. Ainsi, le consommateur cherche dans le catalogue des Eglises celle qui correspond le mieux à ses convictions. Comme pour tous les produits, il y a différentes marques. Là est la limite du dogme universel, constamment bafoué aujourd'hui apparemment. C'est là qu'on se rend compte le mieux que les gens ne cherchent en "Dieu" qu'un support, et qu'ils croiraient au Diable si on leur avait dit qu'il leur donnerait une vie meilleure, fût-ce au prix de la vie des autres. Le croyant est avant tout un consommateur, et un consommateur se plaît de voir son ego gonfler. Si on lui dit que ses convictions sont les seules bonnes, il adhérera à la secte sans se poser de questions.
15 - une énorme machine à sous. N'importe qui peut se prétendre évangéliste. Beaucoup d'Américains se lancent dans cette profession, qui consiste à profiter du manque de culture générale et d'esprit contradictoire pour se "faire un max de thunes". Alors que Jésus est entré dans le Temple de Jérusalem un jour et l'a débarrassé des marchands qui profitaient de la religiosité des passants pour faire des affaires ! Mais on n'en est plus à une contradiction près.
16 - rien n'est vérifiable. Le Ciel n'étant pas la porte à côté, on peut dire tout et son contraire sans problème, et affirmer tout ce qu'on veut sans preuve.

Soyons clair : il est possible que Dieu existe. Mais personne ne l'a démontré. Et personne n'a jamais démontré que Dieu n'existait pas. Néanmoins, au vu de ces différents points, je juge la probabilité qu'un tel être existe suffisamment faible pour n'y pas croire.  

 

Par Sarastro - Publié dans : reveurpro
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