J'ai récemment acheté le jeu "Les Sims 2".
Pour commencer le jeu, on a le choix. On peut directement jouer, ou personnaliser la famille que l'on va gérer et son lieu de résidence.
Dans les deux cas, il faudra donner des instructions aux membres de la famille pour qu'ils soient heureux, car lorsqu'ils le sont, ils peuvent progresser dans leur carrière et dans leur vie en général. On peut ainsi théoriquement s'occuper de ses personnages (les "Sims") ad vitam aeternam, pour peu que le fil des générations ne s'interrompe pas.
Si on préfère tout personnaliser, on est tout de même limité. Au début, on a seulement 20 000 "Simflouz", que j'abrégerai désormais en "S", pour tout faire, à savoir créer un quartier, y acheter un terrain, construire la maison sur ce terrain, aménager la maison et la meubler.
Rapidement, moi et mon frère nous sommes aperçus que 20 000 S, ce n'était pas beaucoup. Nous avons donc dû revoir nos prétentions à la baisse en matière de terrain (nous avions acheté le plus grand, au début !), et avons opté pour l'un des plus petits terrains possibles, ce qui nous a coûté 4 800 S. Puis nous avons construit des murs sur environ 40% du terrain (encore 5 000 S partis en fumée). Ensuite nous avons mis quelque chose par terre pour remplacer la pelouse, en l'occurrence du parquet ou du carrelage, et des révêtements muraux (papier peint, carrelage et des boiseries en quelques endroits). Après, il a fallu meubler. Une télé, des lits, une cabine de douche, des toilettes, un canapé devant la télé, des lustres et c'était tout dans un premier temps. Nous achetions chaque élément au prix le plus bas.
Enfin, nous avons pu faire rentrer notre famille dans la superbe baraque que nous lui avions bâtie. Du reste, notre famille était constituée d'un père, d'une adolescente et d'un enfant. En effet, nous avions essayé de nous occuper d'une famille de quatre personnes, un père, une mère et deux enfants, mais nous avions trouvé ça assez dur, parce qu'il fallait être au four et au moulin sans cesse.
Bien vite, nous nous sommes rendu compte qu'il nous manquait quelque chose : une cuisine ! Nos personnages ne pouvaient pas manger. Hélas ! Nous sommes donc repassés à la caisse pour acheter un frigo et une cuisinière.
Les débuts furent difficile, au point que nous en sommes venus à jouer tous les didacticiels, que nous avions négligés jusque là. Après avoir enfin appris les bases nous avons pu mieux nous consacrer à nos personnages. Malheureusement, les didacticiels n'indiquent pas tout. Régulièrement, l'huissier venait saisir du mobilier (des lampes et des tables de chevet) pour factures impayées alors que nous avions de l'argent en caisse. Et puis, les enfants avaient de très mauvais résultats à l'école. Mais notre grande satisfaction était le père de famille, qui ne nous posait presqu'aucun problème.
Il faut savoir qu'au début, lorsqu'on personnalise la famille que l'on veut gérer, on peut choisir entre cinq types d'aspirations pour chacun des personnages. Ces types d'aspirations déterminent les désirs et les craintes que les personnages auront tout au long de la partie. Il faudra ensuite dissiper les craintes et assouvir les désirs spécifiques à chacun. Les types d'aspirations sont : aspiration à l'amour, aspiration à la famille, aspiration à la popularité, aspiration à la connaissance et aspiration à la richesse.
Le père de famille était censé aspirer à la richesse, et nous l'avions doté des capacités adéquates pour qu'il réussisse à s'enrichir. Le fils devait, lui, aspirer à la connaissance, et la fille à la popularité.
Au fur et à mesure, nous avons réparé les dégâts que notre ignorance avait causé aux enfants, et même au père bien qu'il nous satisfît largement. Ainsi, nous avons découvert comment faire faire aux enfants leurs devoirs, puis nous avons remarqué qu'ils ne daignaient les faire que quand ils s'étaient beaucoup distraits. Nous avons appris à payer les factures à force de déduction : notre boîte aux lettres débordait. Or j'avais supputé que les factures arrivaient par le courrier. La supposition était juste, et depuis que nous allons chercher le courrier et payons les factures qui en font partie, l'huissier n'est plus jamais venu. Un jour, les vivres vinrent à manquer. Heureusement, nous avions le téléphone, et nous avions observé qu'une des options s'offrant au personnage qui décrochait le combiné était "commander de la nourriture". Ce problème-là a donc été résolu rapidement.
En ce qui concerne les distractions, sachez que la console de jeu est idéale pour amuser les enfants comme les adultes sans perdre de temps. Mais si la console fut un excellent investissement, ce n'était rien à côté du détecteur à incendie et du système d'alarme. En effet, nos personnages, négligents, allaient souvent faire n'importe quoi pendant la cuisson d'un plat, et laissaient brûler ce plat jusqu'à provoquer un incendie dans la cuisine ! La première fois, nous n'avions pas de système de détection de fumée, et les pompiers sont arrivés assez tard. La cuisinière et le frigo avaient eu tout le temps pour flamber. Heureusement, l'incendie n'a pas dépassé la cuisine, qui était alors seulement délimitée par du carrelage, et non par des murs. La deuxième fois, nous avions déjà fait des frais pour un système de détection, et les pompiers sont arrivés quasi-instantanément. Rassurez-vous, nous n'avions pas peur de voir notre cuisine s'échapper en volutes chatoyantes, fût-ce mille fois, car dans le prodigieux monde des Sims, les appareils cramés se remettent immédiatement à fonctionner lorsque l'incendie a été éteint. Par contre, les personnages s'approchaient du feu, criaient, paniquaient, et perdaient un temps précieux à attendre près des flammes de prendre feu à leur tour au lieu de retourner au lit en attendant les pompiers.
Plus tôt, nous avions investi dans une alarme, parce que mon petit-frère a eu un jour la belle surprise de se faire dépouiller de tout le mobilier sans que les habitants de la maison puissent entreprendre la moindre action pour l'empêcher. Il nous a suffi de reprendre la partie à une sauvegarde précédente et d'acheter une alarme pour éviter ce désagrément. Des cambrioleurs sont certes déjà venus deux autres fois, mais sans rien pouvoir emporter grâce à la prompte intervention des forces de l'ordre, rameutées par notre système d'alarme.
Il fut un temps où nous avions un jardin. Néanmoins, accaparés que nous étions par des tâches plus importantes, nous n'avions pas le temps de nous en occuper. Aussi, les mauvaises herbes envahirent bien vite une surface d'environ 80 Simètres². Pour remédier à ce problème, nous avons employé les grands moyens. Après avoir désherbé, nous avons profité de notre tiroir-caisse virtuel bien rempli pour ceindre notre alors ex-jardin de murs, puis le couvrir de parquet. Vers cette époque nos personnages avaient en effet obtenu quelques promotions et autres avantages et nous avaient ainsi rendu maîtres d'un trésor de 10 000 S. Bientôt, notre maison se trouva agrandie de telle sorte que nous passâmes de 260 Simètres² à 539 Simètres². Plus tard, nous aménagerions une piscine dans une des parties agrandies, et une salle de bain dans l'autre, car c'était la bousculade lorsqu'il n'y en avait qu'une seule.
Le fils avait acquis de bonnes connaissances en mécanique. Un jour donc, il fut envoyé réparer l'ordinateur (il faut noter que les ordinateurs et les baignoires tombent très souvent en panne dans ce jeu) au sortir de la piscine. Je ne sais si c'est parce qu'il sortait de la piscine, ou parce qu'un court-circuit vicieux avait rendu l'ordinateur défectueux, en tout cas le fils s'envola ad patres après une funeste électrocution. Trois fois hélas ! Un revenu en moins (le fils était devenu un adulte, avait trouvé un travail, et gagnait alors un bon salaire). Dès lors, nous nous acharnâmes à trouver un parti intéressant pour la fille, afin
1)de continuer à encaisser trois revenus, car nous projetions de construire des étages supplémentaires
2)d'assurer une descendance à la famille, comme dans "Les Visiteurs".
Nos efforts finirent par être couronnés de succès. Seul bémol à la clé : la fille, son copain et le père travaillaient tous trois dans la politique. Cependant, cette gêne légère nous troubla beaucoup moins lorsque la fille et son copain se marièrent, et que le mari apporta 8 000 S à l'affaire. Depuis, nous avons meublé les parties agrandies de la maison avec un bon lit, un piano (3 500 S), un écran mural (8 000 S), un chevalet (pratique, les tableaux que les personnages peignent peuvent être accrochés une fois terminés aux murs de la maison, ou vendus), le nec plus ultra des canapés, plus d'autres babioles obtenues au titre des récompenses professionnelles.
Pourtant, notre bonheur n'était pas complet. Les personnages n'étaient pas promus assez souvent, faute de contacts. Nous avons donc étoffé le réseau des relations de nos personnages. Il y a peu, nos trois personnages ont tous obtenu une promotion. Et comble du contentement, la fille a encaissé 30 000 S grâce à un plan de campagne machiavélique (je rappelle que les trois personnages sont en politique). Avec cette coquette somme, à peu de choses près la valeur de la première moitié de la maison entièrement meublée, j'ai pu laisser libre cours à mon imagination débordante. J'ai tiré parti d'une petite portion de terrain non encore bâtie pour ériger une construction ultra kitsch qui tient à la fois du temple grec antique et du couloir d'un hôtel *****. Il s'agit de deux étages supportés par des colonnes, auxquels on accède par trois escaliers alignés.
Je n'ai pas lésiné sur les moyens pour couvrir sols et murs, mais je ne sais pas vraiment ce que je vais y mettre !?. A vrai dire, je ne sais pas si ma construction tiendra, car les deux étages doivent peser bien lourd pour des colonnes en bois. Mais après tout, elle bénéficie de fondations, ce qui n'est pas le cas de la maison à proprement parler...Tombera, tombera pas ?